Détail de l'indexation
VP COV : Vie Professionnelle Conversion |
Ouvrages de la bibliothèque en indexation VP COV (361)


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Accompagner la nouvelle vague de conversions en viticulture biologique : impacts des changements de pratiques et repères sur la filière bio
Vincent BOU NADER, Auteur ; Nicolas DELORME, Auteur ; Alice ODOUL, AuteurPour accompagner les dynamiques de conversions en bio des viticulteurs d'Auvergne-Rhône-Alpes, la FRAB AuRA et CerFrance ont réalisé une étude sur les impacts de la conversion chez les viticulteurs de la région. Une trentaine de viticulteurs passés en bio ont répondu à l'enquête. A la question "Votre temps de travail et celui de vos associés a-t-il augmenté suite à votre passage à l'AB ?", 80 % des viticulteurs interrogés répondent "oui", augmentation essentiellement due au travail du sol et au désherbage manuel. En ce qui concerne le rendement, les viticulteurs interrogés font état d'une diminution de 18 % en moyenne (de 50 hl/ha à 41 hl/ha), mais de nombreux facteurs entrent en compte. D'autres questions, portant sur les techniques de production, la commercialisation, les motivations d'un passage en AB et les perspectives de la filière, ont permis à cette enquête de recueillir des informations qui seront mises à disposition des viticulteurs et des conseillers d'Auvergne-Rhône-Alpes, dans la perspective de nouvelles conversions. Globalement, la majorité des viticulteurs perçoivent une forte augmentation de la demande en vins bio dans leur territoire.
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Le changement de système pour gagner en confort et en temps de travail
Cindy SCHRADER, AuteurThomas Leclerc sest installé, en 2008, sur la ferme familiale à Plédéliac, dans les Côtes d'Armor. La ferme est alors constituée de 37 ha et de 35 vaches laitières (VL), en conventionnel, avec un système basé sur le maïs. En sinstallant, il apporte 25 ha supplémentaires et passe à 60 VL. Il restera en GAEC avec son père jusquau départ en retraite de ce dernier, en 2013. Lorsquil se retrouve seul, il délègue lélevage de ses génisses pour diminuer sa charge de travail ; mais ceci le soulage à peine et la situation économique de la ferme ne lui permet pas dembaucher un salarié. Très vite, il se sent dépassé et souhaite trouver une solution ou tout arrêter. Il se tourne alors vers le Cedapa et le Gab qui lui proposent plusieurs possibilités dévolutions technico-économiques. Thomas Leclerc opte pour un passage en bio : cest quelque chose quil souhaitait faire un jour et il nen était pas très loin techniquement. En 2016, il entame une conversion non simultanée, récupère 5 ha pour augmenter sa surface en herbe, revoit sa gestion du pâturage, diminue ses surfaces en maïs et récupère ses génisses qui étaient en pension. Grâce à ce changement de système, il a pu embaucher un salarié à mi-temps, puis à plein temps.
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Conversion : Une opportunité pour les fermes en situation financière fragile ?
Guillaume MICHEL, AuteurIl est fréquent de penser qu'une conversion à l'agriculture biologique ne peut aboutir si la ferme en question ne se trouve pas, au préalable, dans une situation financière solide. Pourtant, plusieurs vagues de conversion à l'AB se sont déclenchées justement quand la conjoncture en agriculture conventionnelle était difficile, particulièrement en production laitière. Dans cet article, le Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d'Armor partage son expérience et ses réflexions, et explique en quoi une conversion à l'AB peut être une opportunité pour les fermes en difficulté financière. La réussite de telles démarches est grandement conditionnée par l'accompagnement dont pourra bénéficier l'exploitation. Sur le terrain, le GAB 22 s'associe, pour cela, à l'association Solidarité Paysans 22, pour apporter, aux candidats à la conversion qui en ont besoin, un appui complet, aussi bien sur les aspects techniques que sur les aspects économiques et humains.
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Deux mains dans la terre
Jacques CAPLAT, Auteur ; Laetitia ROUXEL, Auteur | ARLES CEDEX (Place Nina-Berberova, BP 90038, 13 633, FRANCE) : ÉDITIONS ACTES SUD | 2021
Cette bande dessinée raconte le cheminement de Fred, céréalier conventionnel, qui sinterroge sur ses pratiques, sur le modèle agricole en général et qui, au gré de rencontres, de discussions, de visites de fermes et de suivis de conférences en ligne ou en direct (dont une avec lun des auteurs, Jacques Caplat), évolue avec une prise de conscience qui le conduit à se convertir à lagriculture biologique et à transformer sa ferme (plantation darbres, introduction de moutons, cultures associées ). Après lhistoire illustrée, louvrage se poursuit par une partie, intitulée « Changer, une transition agroécologique », qui décrit les mécanismes de fonctionnement de lagriculture et les freins institutionnels et politiques au développement de lagriculture biologique et qui reprend les principes et les valeurs de la bio en sappuyant sur lhistorique et sur lapproche systémique. Le cas de lélevage est abordé, avec lintérêt de lélevage herbager pour le maintien des prairies qui régénèrent le sol et favorisent une forte biodiversité. Les auteurs stipulent quélever des animaux jusquà leur mort naturelle est possible, mais implique un autre modèle agricole pour que les paysans puissent en vivre.
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Filière fruits rouges bio en Nouvelle-Aquitaine : Un développement mais encore quelques freins
Séverine CHASTAING, Auteur ; Myriam CARMENTRAN DELIAS, AuteurLa production de fruits rouges bio (fraises, myrtilles, cassis, framboises ) progresse en Nouvelle-Aquitaine. Elle représente 230 ha, soit 0,1 % des surfaces bio de cette région. Cependant, la conversion en bio pose des problèmes aux producteurs de fruits rouges conventionnels. Ces derniers, souvent en hors-sol, auraient des difficultés pour passer leur production en pleine-terre, ce qui complique aussi le travail des salariés obligés de plus se baisser. Il faudrait aussi changer ses débouchés. Ainsi, le plus souvent, les producteurs préfèrent créer une ferme bio, en convertissant le terrain dans un premier temps, puis en implantant des plants qui donneront directement des fruits bio. L'obligation de rotation pour les fraisiers est aussi vécue comme une contrainte par les producteurs conventionnels.
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"Nous sommes passés de 10 à 65 ha de pâturage"
Franck MECHEKOUR, AuteurDans les Côtes d'Armor, le GAEC Chevance, géré par les frères David et Mickaël Chevance, a opéré un virage stratégique important entre 2015 et 2018, dans l'objectif d'améliorer la qualité de vie des deux associés et de mieux répondre aux attentes sociétales. Ainsi, les cultures de vente ont été arrêtées au profit de l'atelier bovins lait ; l'exploitation a été convertie à l'agriculture biologique en 2018 ; la SAU a été réduite pour n'en conserver que les deux tiers, consacrés désormais en grande partie aux prairies, dont 65 hectares pâturables, et à la production de méteil. Le GAEC est, depuis, autonome et a amélioré ses résultats économiques.
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BRUT : la ferme Ty lipous membre du réseau Invitation à la ferme
Fanny LESBROS, Auteur ; Johanne AUFFRET, Auteur | PARIS (51 Rue Vivienne, 75 002, FRANCE) : BRUT | 2020Yann Cheritel, éleveur de vaches laitières dans les Côtes-d'Armor, témoigne sur sa conversion à l'agriculture biologique. Il a repris la ferme de sa mère et la convertie pour ne plus avoir à épandre de pesticides et d'engrais de synthèse. Pour cela, il s'est appuyé sur plusieurs associations et réseaux. Il a appris à cultiver des prairies et à gérer le pâturage grâce à un groupement d'éleveurs, et cultive maintenant des prairies en trèfle blanc et ray-grass. Il a ainsi des vaches en meilleure santé, une plus grande autonomie alimentaire et il utilise moins d'intrants. Le GAB l'accompagne sur la gestion du cahier des charges en AB, la santé animale et la viabilité économique de son système, particulièrement pendant la phase de conversion. Le lait est transformé en yaourts sur la ferme et valorisé grâce au réseau Invitation à la ferme, qui aide les éleveurs pour la transformation et la communication. Yann est aujourd'hui satisfait de sa décision car il est en capacité d'embaucher et de prendre des vacances.
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La conversion en bio s'est-elle passée comme prévu ?
Annick CONTÉ, AuteurA l'hiver 2020, l'entreprise de conseil en élevage Seenovia a réalisé des enquêtes chez une trentaine d'éleveurs laitiers des Pays de la Loire convertis à l'agriculture biologique entre 2015 et 2018. L'objectif : évaluer la pertinence des outils d'accompagnement à la conversion en comparant les performances techniques prévues dans les projets à celles réellement atteintes après un ou deux ans de conduite bio. Si les prévisions concordent globalement avec la réalité, des points de vigilance ont pu être identifiés. Les éleveurs semblent avoir du mal, par exemple, à diminuer leurs surfaces en maïs, ou à voir baisser les quantités de lait produites, ce qui met à mal le système fourrager.
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Conversions 2019 : Une dynamique qui perdure pour la 3ème année consécutive ; Demandes daide bio en 2020
Patrick LEMARIE, Auteur ; Philippe CAILLAUD, Auteur ; François VRIGNAUD, AuteurLe premier article est dédié aux nouvelles conversions BIO en Pays de la Loire durant lannée 2019. Des chiffres-clés ont été estimés par la CAB à partir des notifications publiées par lAgence Bio et ont été complétés par une expertise locale. Globalement, la dynamique de conversion perdure au même niveau que lannée précédente, et ce, pour la troisième année consécutive, suite au pic de 2016. Des éléments explicatifs sont apportés pour chaque filière : bovins lait, bovins viande, monogastriques, viticulture, légumes, PPAM, arboriculture et petits fruits. En complément, deux référents de la CAB (Philippe Caillaud et François Vrignaud) apportent leur analyse sur le développement de la bio en Pays de la Loire. Le second article fournit des informations sur les aides bio. Depuis cette année (2020), il nest plus possible de demander des aides au maintien car le Conseil régional a arrêté de les financer. Il est toutefois possible de solliciter un crédit dimpôt bio de 3 500 (avec transparence pour les GAEC). En revanche, les aides à la conversion (engagement sur cinq ans) peuvent toujours être demandées.
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Dans le Nord, le déclic du bio
Bérenger MOREL, AuteurAntoine Deltour est chevrier dans le Nord, désert caprin comme le reste de la région Hauts-de-France, doù un fort scepticisme de ses confrères à la création de sa chèvrerie, au moment de la reprise de la ferme familiale, alors en grandes cultures de vente. En labsence de laiterie, il opte pour la transformation à la ferme et la vente directe. En 2019, suite à une prise de conscience sur des impacts des pesticides sur la santé, il décide de convertir sa ferme en AB, dabord les cultures, puis le troupeau en juillet 2019. Son exploitation compte aujourdhui 112 chèvres poitevines en lactation, sur une SAU intégrant 3,5 ha en pâturage et 110 ha cultivés (17 en prairies temporaires et le reste en cultures de vente), pour 3 unités de main-duvre. Le bâtiment de la chèvrerie, construit en 2016, intègre la salle de traite et le séchage en grange. Afin de produire toute lannée, cet éleveur a installé des spots à LED dans la chèvrerie, avec un programme lumineux pour le desaisonnement. Autre changement avec la conversion : la généralisation progressive de la distribution de lait maternel aux chevrettes, préféré à lachat de lait en poudre, très cher en AB. De même, la ration a évolué vers un arrêt du maïs. Le séchage en grange permettant doptimiser les coupes de foin, au final, ce producteur est autonome en fourrages, concentrés et paille.
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Décertifications : Qui arrête la bio et pourquoi ?
Nathan DERMANJIAN, AuteurLes arrêts de certification AB représentent une perte nette en matière daides publiques. Il était donc essentiel den savoir plus sur les raisons de décertifications. Pour cela, la FRAB Bretagne a réalisé une enquête, entre le 1er janvier 2019 et le 15 mai 2020. Durant cette période, 168 cas de décertification ont été enregistrés et 46 % dentre eux ont répondu au questionnaire. Parmi les répondants, 67 % des décertifications sont dues à des arrêts de lactivité agricole (la moitié de ces arrêts correspondent à des départs à la retraite et lautre moitié à des reconversions professionnelles), et 24 % sont des décertifications volontaires (poursuite de lactivité agricole sans label AB). Pour les décertifications volontaires, la première raison évoquée (par 55 % dentre eux) est un déséquilibre technico-économique nécessitant un retour au conventionnel. La deuxième raison évoquée (par 45 % dentre eux) est le coût de la certification et linutilité de la certification pour valoriser les produits. Les exploitations qui évoquent cette deuxième raison sont souvent de petites exploitations maraîchères ou fruitières (moins de 5 ha) qui commercialisent leurs productions en circuits courts. Par ailleurs, pour les décertifications dues à des cessations dactivité, la majorité des terres sont transmises (installation ou agrandissement) et restent en bio. Seuls 3 % des terres ont été décertifiées par leurs repreneurs.
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Développer la production biologique sur un territoire... et si on changeait dangle dapproche ?
Patricia HEUZE, AuteurBio en Hauts-de-France a construit loutil « SensiBio », qui vise à comprendre les facteurs psychosociologiques influençant le passage à lAB dans un territoire, afin dadapter ensuite des dispositifs publics territoriaux en faveur du développement de lagriculture biologique. Cet outil permet de réaliser une étude, basée sur léchange individuel, utilisant des grilles dentretien et danalyse, et abordant lagriculteur sous 2 angles : sa prédisposition au changement et son rapport au métier dune part (est-il plutôt entrepreneur, innovateur ou prudent ?) ; sa perception de lAB et des agriculteurs bio dautre part (sa position entre le rejet, lhésitation et lengagement en bio, sa connaissance et laccès aux acteurs bio, sa perception des freins).
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Fermebioscopie : Faire moins mais faire mieux
Christelle BOBON, Auteur ; Fabrice BOBON, AuteurJusqu'en 2014, la ferme de Christelle et de Fabrice Bobon, en Ille-et-Vilaine, était en système conventionnel intensif. Cette année-là, le couple a projeté de passer en bio. Avec l'aide de plusieurs structures, les éleveurs se sont fait, petit à petit, une idée des conditions pour que le passage s'opère de la meilleure façon possible. Ils ont alors pris la décision de laisser les 12 ha de terres éloignés de la ferme, difficiles à gérer en bio. Ecoutant les conseils du technicien, ils ont décidé aussi d'arrêter les porcs (conventionnels) et de vendre la porcherie. Désormais, ils se concentrent sur les vaches laitières. Aujourd'hui, avec leurs 60 vaches laitières bio sur 80 ha, ils tirent un bilan très positif du changement opéré, avec un travail plus rémunérateur et avec la satisfaction de répondre aux attentes de la société en matière d'environnement, de qualité et de bien-être animal. Lorsque des éleveurs conventionnels l'interrogent sur le prix du lait bio, Fabrice leur répond que "c'est d'abord la compression des charges qui fait la différence, mais pour ça, il ne faut pas faire de bio industriel !".
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Guide conversion 2020
Ce guide porte sur la conversion à lagriculture biologique en Pays de la Loire. Il a été conçu afin de répondre à un double objectif : être un support informatif (il contient les informations essentielles pour engager une démarche de conversion) et être un outil pédagogique (il peut servir de base de réflexion et déchanges avec les agriculteurs). Il compile neuf fiches et chacune dentre elles porte sur un thème particulier : Fiche 1 - La démarche de conversion, un cheminement personnel ; Fiche 2 - Les soutiens financiers à lagriculture biologique ; Fiche 3 - Certification, contrôle et étiquetage des produits de lagriculture biologique ; Fiche 4 - Cultiver en agriculture biologique : en pratique... ; Fiche 5 - Règlement européen : résumé du cahier des charges par production biologique (productions végétales, bovins lait et viande, ovins et caprins, porcins, volailles de chair, poules pondeuses, viticulture et arboriculture) ; Fiche 6 - Marché et filières ; Fiche 7 - Lagriculture biologique : quelques chiffres ; Fiche 8 - Pour en savoir plus : contacts utiles ; Fiche 9 - Les grands principes de lagriculture biologique.
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« Il nous faut des vaches pour les cultures » ; Être éleveur dans un désert laitier
Bernard GRIFFOUL, AuteurDans le Gers, le Gaec du village fait partie des derniers producteurs de lait du département. Alors que les autres producteurs se sont quasiment tous spécialisés en grandes cultures, les trois associés de ce GAEC restent convaincus des bienfaits agronomiques des systèmes en polyculture-élevage. Ils exploitent 210 ha de SAU, dont 45 ha de SFP (30 ha de luzerne, 7 ha de prairies temporaires et 8 ha de prairies permanentes) et 131 ha de cultures. Ils produisent également 530 000 L de lait avec un troupeau de 80 vaches Primholstein. Cette année, ils ont converti 52 ha en bio. Ce choix, avant tout économique, a largement modifié leur assolement pour privilégier des cultures rémunératrices en AB (blé tendre, lentille, pois chiche, haricot rouge, pois cassé, soja et ail), ainsi que des cultures qui se récoltent tôt (afin déviter que les adventices ne grainent). Les associés envisagent également de convertir leur troupeau à lautomne prochain. Ils ne lont pas fait simultanément car ils étaient réticents face à la difficulté de maîtriser le coût alimentaire. La conversion du troupeau se traduira par une réduction du cheptel (60 VL), un changement de race (Montbéliarde ou Simmental) pour améliorer les taux, un changement dalimentation (ensilage et foin de luzerne, céréales de la ferme et co-produits bio).
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Le poids de lhéritage
Antoine BESNARD, AuteurDans le Finistère, Nicolas Magueur a repris la ferme de ses parents en 2012. Il qualifie cette installation-transmission de « facile », même si le poids de lhéritage et les conflits de génération ne sont pas toujours évidents à gérer. Il a fait plusieurs métiers avant de sinstaller : ouvrier côtier, animateur nature, travail à lusine Il a découvert l'agriculture bio en effectuant un remplacement dans une ferme, puis a suivi des formations. Il a alors décidé de reprendre la ferme de ses parents. Ces derniers produisaient des légumes pour lindustrie et élevaient des vaches allaitantes (en conventionnel). Comme Nicolas Magueur souhaitait sinstaller en maraîchage bio diversifié, il a modifié le système de production de la ferme familiale : elle comporte maintenant une SAU de 38 ha, avec un atelier de maraîchage diversifié (1500 m2 sous serre), 3 ha de légumes de plein champ et des vaches allaitantes. Chaque année, de nouvelles terres sont converties en bio mais toute la ferme nest pas encore en AB (les vaches allaitantes sont toujours en conventionnel). En sinstallant sur la ferme familiale, Nicolas Magueur a pu bénéficier des terres de ses parents, du matériel, de leur aide et il a pu acheter ses parts petit à petit. Toutefois, il a également dû gérer des conflits avec son père qui nest pas convaincu par la bio. Lhéritage familial est à la fois une contrainte et une souplesse avec lesquelles Nicolas Magueur a choisi de composer.
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Les recycleurs
Antoine BESNARD, AuteurDans le Morbihan, Régis Durand et Benjamin Frézel ont repris une ferme laitière conventionnelle en 2019 et lont complètement réadaptée pour mettre en place un système en polyculture-élevage biologique. Leur projet dinstallation reposait sur la production de cultures pour lalimentation humaine. Ils cherchaient donc une ferme avec 80 ha groupés et labourables. Comme la région est principalement composée de fermes laitières, ces deux associés savaient quils avaient de fortes chances de reprendre un système quils allaient devoir réadapter à leurs besoins. Ils ont fini par trouver une ferme avec une SAU de 75 ha et 10 ha de bois. Depuis leur installation, ils cultivent 17 espèces différentes sur 50 ha (céréales, oléagineux, pommes de terre...). Trois productions animales viennent compléter les productions végétales en valorisant les prairies, les bois, ainsi que les coproduits des cultures : 20 bovins à lengraissement, cinq truies (atelier naisseur-engraisseur) et 990 poules pondeuses. Régis Durand et Benjamin Frézel reconnaissent avoir eu de la chance : le cédant de la ferme a très vite accepté lidée que le système de production allait être transformé. Il les a également autorisés à installer un bureau sur site, un an et demi avant leur installation, pour quils puissent préparer leur projet. Il a aussi converti ses terres en bio en 2018, ce qui a permis aux repreneurs de gagner un an sur la conversion et de produire des animaux directement en bio (cheptel acheté).
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Vivre avec 38 vaches sur 35 hectares, cest possible !
Morgane COULOMBEL, AuteurEmmanuel Nourry sest installé, en 1997, sur la ferme laitière familiale, dans les Côtes-dArmor. Il était alors seul avec un atelier de volailles hors-sol, 30 vaches laitières et une SAU de 35 ha (15 ha de prairies, 9 ha de maïs et 11 ha de blé). Son objectif était de produire un maximum, en se consacrant majoritairement à latelier de volailles et en essayant dobtenir une production de 10 000 kg de lait/VL. Suite à la crise de 2009 et à un refus de prêt de la banque pour l'achat d'un tracteur, cet éleveur a remis en cause son système de production et a instauré de nombreux changements. En 2010, suite à une étude du CER qui lui propose un système plus pâturant, il arrête le maïs. Il adhère également au Cedapa, en 2012, pour se faire accompagner et échanger avec dautres agriculteurs. Par ailleurs, il diminue largement les concentrés dans ses rations (il passe de 1150 kg/VL en 2012 à 100 kg/VL en 2015). Ces différents changements saccompagnent dune baisse de production (de 7700 à 7000 L de lait/VL) mais, en seulement deux ans, Emmanuel Nourry a vu ses charges se réduire et sa situation économique saméliorer. Il arrête alors latelier volailles en 2015, augmente légèrement le nombre de vaches et passe en bio en 2016. Il a ainsi retrouvé un sens à son métier.
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Accompagnement des producteurs laitiers mayennais en transition vers des systèmes biologiques multi-performants
LETTRE FILIÈRES FNAB - LAIT, AuteurLes collectifs sont des lieux propices à linnovation et aux transferts de pratiques entre agriculteurs bio et conventionnels. Plusieurs groupes ont répondu à un appel à communication de la FNAB, avec le soutien dEcophyto, pour valoriser les démarches innovantes quils mènent sur des thématiques liées à la réduction dusage des produits phytosanitaires et du désherbage chimique, ou en vue dinnover sur des techniques compatibles avec la réglementation de lagriculture biologique. C'est le cas d'un groupe de 11 éleveurs laitiers mayennais qui se sont réunis, en 2018 (6 éleveurs conventionnels et 5 en conversion bio), en s'appuyant sur l'accompagnement du Civam Bio 53. Pour soutenir les réflexions des producteurs, plusieurs formations techniques ont été mises en place : conversion ; gestion des adventices sans herbicides par une lutte préventive et curative ; comprendre et gérer ses sols pour produire sans polluer avec lapproche HERODY...
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BIOLAIT soutient la conversion bio en 2 ans
Le 1er mai 2019, Biolait, 1er collecteur de lait bio en France, a décidé de modifier le versement de ses aides à la conversion en bio (en favorisant la conversion simultanée en 2 ans) afin de renforcer la crédibilité du cahier des charges bio et de pérenniser lensemble de la filière laitière biologique, un objectif au cur de son projet politique et pour lequel Biolait uvre depuis 25 ans.
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Circuits courts : Quand la conversion redéfinit la commercialisation
Agathe PERRIN, AuteurDans cet article, les liens entre mode de commercialisation des produits d'une exploitation, plus particulièrement en circuits courts, et conversion en bio sont explorés, au travers des stratégies de commercialisation de 5 fermes : le GAEC Les Quatre Chemins, à Mellé (35), qui transforme et commercialise des fromages (depuis 20 ans) et des glaces ; la ferme Ty Lipous, à Moustéru (22), qui transforme et commercialise des produits laitiers depuis 2017 ; la ferme de Kermoel, à Plouguernevel (22), passée en bio il y a 10 ans après 13 ans de transformation et de commercialisation sur les marchés ; l'EARL Darley, à Ruca (22), qui a entamé sa conversion en 2016 après presque 30 ans de production et de commercialisation de ses fromages ; la Ferme du Champ des Vents, à Argentré du Plessis (35), en arboriculture et grandes cultures, qui s'est engagée en bio en 2016 au moment de sa transmission, du fait de la volonté des repreneurs... Chaque ferme a connu des situations différentes et les agriculteurs expliquent, parfois avec beaucoup de recul et d'expérience, comment le passage en bio, mais aussi la façon de communiquer auprès de la clientèle, ont impacté les ventes des produits en circuits courts et comment cette conversion a été accueillie par les clients.
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Converting to organic farming as a way to enhance adaptive capacity
Maëlys BOUTTES, Auteur ; Ika DARNHOFER, Auteur ; Guillaume MARTIN, AuteurLes agriculteurs sont confrontés à un contexte de plus en plus changeant (volatilité des marchés, évolution des politiques agricoles, nouvelles attentes sociétales). Analyser leur capacité d'adaptation permet de comprendre comment ils perçoivent différentes options et ce qu'ils estiment nécessaire pour permettre à leurs fermes de persister en période d'incertitude. Cette étude se focalise sur des producteurs laitiers en conversion biologique. Ces derniers ont été confrontés à une forte volatilité du marché du lait conventionnel au cours des dernières années. Vingt entrevues ont été menées avec des producteurs aveyronnais qui entamaient tous leur conversion à l'AB. L'analyse a montré que ces agriculteurs perçoivent l'agriculture bio comme moins risquée que leur ancien système, surtout en raison de la stabilité des prix et de la vision positive des consommateurs. De plus, ils s'attendent à ce que la bio augmente leur autonomie (notamment en ce qui concerne l'alimentation animale), et réduise leur exposition à la volatilité des prix des intrants. Ils sont également conscients des risques techniques liés aux nouvelles pratiques de production, mais ils sont confiants dans leur capacité à les gérer. Ils considèrent l'agriculture biologique comme un levier stimulant lapprentissage, notamment par des dynamiques collectives et des échanges d'expériences. De plus, ces agriculteurs s'attendent à ce que le prix de vente plus élevé du lait bio leur permette de réduire le nombre de vaches et la charge de travail sur leur exploitation. Cela leur donnerait plus de temps pour observer, réfléchir, expérimenter, apprendre, ce qui augmenterait leur satisfaction professionnelle et leur permettrait de mieux faire face aux changements. Dans l'ensemble, ils perçoivent l'agriculture biologique comme une option attrayante pour maintenir la viabilité de leur exploitation familiale.
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Être fils d'agriculteur et sinstaller hors cadre familial pour changer le système existant
Léo FUZEAU, AuteurPierre Pichard est fils déleveur laitier dans lOrne. Lorsquil avait 17 ans, son père a eu un accident et a dû abandonner sa ferme. Pierre continue alors ses études (Bac STAV et BTS ACSE) et se fait embaucher comme salarié agricole dans une ferme laitière en conversion bio, en 2012. Il découvre lAB et un système de production basé sur lherbe et le pâturage. En 2015, il apprend quune ferme voisine est à reprendre. Même si celle-ci est basée sur un système de production conventionnel qui valorise peu lherbe, avec un parcellaire dégradé, un troupeau laitier dans un état moyen et des bâtiments mal entretenus, il décide de la reprendre. La transmission commence alors par un contrat de parrainage, puis des CDD et un CDI, avant l'installation en décembre 2016. Durant cette période, Pierre était libre de gérer la ferme comme il le souhaitait. Les cédants ont même démarré la conversion en bio en mai 2016 (déclaration PAC), ce qui a permis à Pierre de bénéficier des aides bio dès son installation. Celui-ci a revu la gestion du parcellaire pour avoir accès à 60 ha de pâtures, a réaménagé la ferme et fait des choix stratégiques pour la rendre plus rentable. Après un début difficile durant lhiver 2016/2017, il obtient un EBE de 90 000 en 2018 et un résultat courant de 40 000 . Lannée 2019 devrait être encore meilleure car le lait sera payé 100 % en AB.
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La Ferme de la Bilouterie
A 100 km de Paris, focus sur la Ferme de la Bilouterie, dans l'Yonne. Jean-Bertrand Brunet a repris la ferme familiale en la convertissant à l'agriculture biologique. Il explique ses choix et les avantages de ce changement de mode de production. Les 200 ha en conventionnel ont été transformés en 2001 en un système diversifié et autonome en bio. 4000 volailles en plein air, des céréales pour l'autosuffisance, des ufs vendus en AMAP et un atelier dabattage.
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Un changement qui booste"
Ce témoignage fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB » qui questionne la vulnérabilité des fermes délevage bovins laitiers pendant la conversion à lagriculture biologique. Roland Vidal, éleveur de vaches laitières, à Le Vibal, en Aveyron, témoigne de sa conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi a-t-il fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peut-il déjà donner début 2019 ?
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Cultiver l'être"
Ce témoignage fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB » sur les motivations et les stratégies de conversion à l'AB d'éleveurs en bovins lait. Didier Larnaudie et Alain Beyer (GAEC des Fontanelles), éleveurs de vaches laitières à Comps-La-Grand-Ville, en Aveyron, témoignent de leur conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner début 2019 ? La ferme compte 62 ha, avec une production principale en vaches laitières et une vingtaine de vaches allaitantes. La surface en maïs a été réduite au profit de l'herbe. Les agriculteurs se disent aujourd'hui totalement convaincus par leur choix de se convertir à l'AB.
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Cultiver loptimisme"
Ce témoignage fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB » sur les motivations et les stratégies de conversion à l'AB d'éleveurs en bovins lait. Éleveurs de vaches laitières en Ille-et-Vilaine au GAEC La Ferme de la Craupinière, Edith et Pascal Capèle témoignent de leur conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner début 2019 ?
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Libres et sereins"
Cette vidéo fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB », qui questionne la vulnérabilité des fermes délevage bovins laitiers pendant la conversion à lagriculture biologique. Marie et Erwan Henry (EARL du Menez Bre), éleveurs de vaches laitières à Louargat, en Côtes dArmor, témoignent de leur conversion à lagriculture biologique, commencée en 2014. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils donner début 2019 ?
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "On nest pas des numéros"
Cette vidéo fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB », qui questionne la vulnérabilité des fermes délevage bovins laitiers pendant la conversion à lagriculture biologique. Céline et Martial Béasse (EARL Béasse), éleveurs de vaches laitières à Le Pertre, en Ille-et-Vilaine, témoignent de leur conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner début 2019 ?
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Que du positif"
Cette vidéo fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB », qui questionne la vulnérabilité des fermes délevage bovins laitiers pendant la conversion à lagriculture biologique. Emmanuel Vernhet et Vincent Grès, GAEC des Tinarole, éleveurs de vaches laitières à Anglars-Saint-Félix, en Aveyron, témoignent de leur conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner début 2019 ?
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Portraits déleveurs en conversion à lAB : "Renaissance"
Ce témoignage fait partie de la série « Portraits déleveurs en conversion à lAB » qui questionne la vulnérabilité des fermes délevage bovins laitiers pendant la conversion à lagriculture biologique. Nadia et Patrice Hamoniaux (GAEC Hamoniaux), éleveurs de vaches laitières à Créhen, dans les Côtes dArmor, témoignent de leur conversion à lagriculture biologique commencée en 2016. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? Quels changements ont eu lieu sur la ferme ? Quel bilan peuvent-ils déjà donner début 2019 ?
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En route vers la conversion !
Florence BRAY, Auteur ; Camille HAREL, Auteur ; Morgan LECLERC, Auteur ; ET AL., AuteurLes chiffres (2018) sont là et montrent la dynamique du bio en France : 6 200 conversions, près de 43 000 agriculteurs, près de 8 % de la SAU, portant la France au 3ème rang mondial en Europe. La demande en produits bio continue de progresser. En GMS, la part de marché du bio a atteint 4,8 % (1,16 milliard d'euros en mars 2019). La Journée bio, organisée en avril dernier par LSA, a rassemblé plus de 150 personnes, avec des déclarations fortes des acteurs de la distribution et de l'industrie agroalimentaire présents. Dans ce contexte, la conversion des exploitations est un enjeu majeur. Ce dossier présente des actions, privées et publiques, qui visent à accompagner la dynamique du bio et à lever les freins à la conversion, ainsi que des témoignages (producteurs, entreprises, responsables politiques).
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S'installer et se convertir en porcs Bio : Un projet de grande ampleur
Guillaume MICHEL, Auteur ; Niels BIZE, AuteurCet article réalise un point sur les étapes fondamentales de la conversion à lagriculture biologique dune ferme porcine. Pour cela, il sappuie sur les témoignages de deux éleveurs bretons nouvellement convertis. Christophe Le Tyrant sest installé en tant que naisseur-engraisseur en 2000 (85 truies, 650 places dengraissement, 4 bandes). À 15 ans de la retraite, il devait réinvestir dans son outil de production et en a profité pour se convertir à lAB. Riwal Bourdoulous sest installé en 2017, à la suite de ses parents, en tant que naisseur-engraisseur (60 truies, 390 places dengraissement, 4 bandes). Auparavant, il avait travaillé cinq ans dans des fermes porcines biologiques, ce qui la motivé à changer le système de ses parents. Ces deux éleveurs sont unanimes, la conversion au bio prend du temps : il faut compter près de 3 ans (12 à 18 mois de préparation administrative du projet et 12 à 18 mois de travaux et de lancement de lélevage bio). Elle nécessite aussi des investissements importants (transformation ou construction de bâtiments). Ils recommandent dutiliser au maximum lexistant, dêtre prêt à coordonner un chantier et de bien se faire entourer.
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Après la conversion : Produire et manger bio pour rester cohérent
Agathe PERRIN, AuteurLa démarche de conversion est un cheminement qui peut être long, et chacun a un parcours qui lui est propre. Les agriculteurs qui entament une conversion changent-ils aussi leur façon de consommer ? C'est ce thème qui est abordé, grâce à l'exemple de 2 jeunes éleveuses soucieuses de mettre en cohérence mode de production bio et mode de consommation. Marie Henry et Cécile Le Corfec se sont rencontrées au Défi Familles à Alimentation Positive dans le Trégor (29 et 22), en 2016. Elles ont ainsi entraîné conjoints et enfants dans une démarche de changement en modifiant petit à petit leurs habitudes pour aller vers des modes d'approvisionnement et de consommation cohérents avec la bio, tout en n'augmentant pas leur budget. La conversion a ainsi été, pour elles, une véritable remise en question de leur consommation personnelle et familiale.
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Atouts et difficultés lors du passage en bio : Un entourage précieux et beaucoup de paperasse
Michaël DESPEGHEL, Auteur ; Alexine WOILTOCK, AuteurGrâce à un travail d'enquêtes auprès des producteurs bretons nouvellement engagés en bio en 2017, plus de cent-cinquante d'entre eux ont pu faire part de leur avis concernant les difficultés et les atouts vécus lors de leur passage en bio. Une majorité d'entre eux estiment que la "bio" en elle-même n'est pas une difficulté, et la réglementation plutôt un atout. Les deux difficultés qui reviennent le plus souvent sont liées à la météo et aux démarches administratives (surtout à l'installation). L'accès au foncier reste aussi une difficulté, pour la moitié des nouveaux installés.
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Les bio pratiquent en Pays de la Loire : Portraits de fermes bio 2018 : 14 témoignages sur la transition agricole et climatique
14 producteurs.trices des Pays de la Loire témoignent sur leurs pratiques de transition vers lagriculture biologique. Dans diverses productions (bovins, volailles, viticulture, maraîchage, PPAM, céréales), ils/elles présentent leurs systèmes, basés sur la recherche dautonomie et déconomie des intrants. Un focus particulier est réalisé sur lenjeu climatique pour questionner la bio sur sa capacité à atténuer les émissions des gaz à effet de serre.
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Bovins viande : Analyse comparative de 3 scénarios de conversion à lagriculture biologique dun système naisseur
Philippe TRESCH, Auteur ; Claire GUYON, Auteur ; Guy MURON, Auteur ; ET AL., AuteurLa conversion à lagriculture biologique nécessite souvent de repenser son système de production. Cet article présente les résultats de simulation de passage à lAB vers trois systèmes d'élevage naisseurs bio (naisseur engraisseur de bufs, veaux sous la mère et système uniquement naisseur), construits à partir dun cas-type naisseur conventionnel avec broutards lourds en zone défavorisée sur 130 hectares. La taille du troupeau diminue avec la baisse des rendements des cultures et des fourrages bio. Le poids des vaches finies diminue également. Cependant, globalement, les résultats économiques (conjoncture 2016) sont meilleurs pour les systèmes en bio, du fait de la baisse des charges opérationnelles, de la hausse du produit des cultures et des aides (avec cependant des produits de la vente des animaux plus faibles).
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Changer de système : Qu'auriez-vous fait ? Passer en bio : seul ou en groupe ?
Jean-Marie CONSTANS, AuteurL'article présente l'expérience de 4 agriculteurs du Gers, adhérents de la Cuma des Deux Vallées (70 adhérents au total), qui ont fait ensemble le pas de la conversion : Hervé Oulé, Philippe Arancini, Christian Dalliès et Jacques Candelon. Les investissements réalisés par la Cuma pour les 4 agriculteurs (tracteurs, bineuses, herses étrilles...) profitent à d'autres adhérents. Aucun des quatre agriculteurs bio ne regrette ce choix du collectif, soulignant que, si la question du matériel de travail est en effet importante, un passage en bio implique avant tout une réflexion globale. Tous les quatre espèrent que d'autres adhérents passeront, eux aussi, en bio. En attendant, une nouvelle dynamique, perceptible dans l'implication des membres et le partage des tâches au sein du groupe, semble porter la Cuma.
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Conversion des fermes laitières : Les stratégies pour faire face aux contraintes
Niels BIZE, AuteurPrésentant la seconde partie des résultats dune étude menée en Bretagne sur la vulnérabilité et les trajectoires de conversion en bovins lait (voir numéro de décembre 2017), cet article se focalise sur les apports dune enquête menée en 2016 auprès de 14 fermes en situation de contraintes au moment de leur conversion. Deux contraintes ont été prises en compte : des résultats économiques insuffisants en conventionnel selon léleveur (11 fermes) et un parcellaire accessible limité (8 fermes). Dans ce dernier cas, trois stratégies ont été identifiées avec des ressentis divers : i) changer la race pour pâturer plus loin, ressenti comme renforçant la cohérence entre pratiques et vision de lAB ; ii) affourager en vert, synonyme dastreinte renforcée et daugmentation du travail au quotidien ; ou iii) échanger du parcellaire, mais avec ici une forte difficulté pour léleveur dêtre vraiment décisionnaire. Face à la contrainte économique, lenquête a montré deux profils déleveurs : un profil plus « attentiste », la solution étant attendue via la plus-value bio à venir après la période de conversion, un profil plus « pro-actif » dans lequel, dès la phase de conversion, léleveur met en place des solutions avec souvent une amélioration du volet économique dès la conversion. Au-delà de ces diverses stratégies, cette étude souligne la plus-value observée en cas de désintensification et dorientation renforcée vers lherbe pâturée. Cette étude montre aussi limportance du ressenti des éleveurs, à prendre en compte pour comprendre et accompagner au mieux leurs projets.
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La conversion vers l'agriculture biologique des élevages bovins laitiers réduit leur vulnérabilité une étude de cas en Aveyron centrée sur la perception des éleveurs
M. BOUTTES, Auteur ; Alexandre BANCAREL, Auteur ; Guillaume MARTIN, Auteur ; ET AL., Auteur | PARIS CEDEX 12 (Secrétariat 3R - MNE, 149 Rue de Bercy, 75 595, FRANCE) : RENCONTRES RECHERCHES RUMINANTS | 2018En Europe, les agriculteurs se convertissent de plus en plus à lagriculture biologique. La conversion est une période incertaine impliquant de multiples changements visant à se conformer au cahier des charges AB, sans que les produits soient payés au prix AB. Cela soulève la question de la vulnérabilité des exploitations lors de leur conversion, cest-à-dire leur capacité à faire face, à sadapter ou à se remettre des effets de changements internes et daléas externes. Le niveau de satisfaction des agriculteurs joue sur cette vulnérabilité, car la satisfaction facilite la mise en uvre du changement et place les agriculteurs dans des dispositions propices au développement de leurs capacités dadaptation. Lobjectif de cette étude, réalisée par l'INRA (UMR AGIR), l'Apaba et la Chambre d'Agriculture de l'Aveyron, était dexplorer si, et comment, des éleveurs laitiers pouvaient améliorer leur satisfaction et réduire la vulnérabilité de leur exploitation lors de la conversion en AB. Pour cela, 19 exploitations bovin lait situées en Aveyron ont été suivies de 2016 (leur dernière année conventionnelle) à 2018. Lévolution de leur satisfaction a été caractérisée, ainsi que les stratégies dadaptation mises en uvre, afin de tenter de les relier par des analyses statistiques. Les résultats montrent que les éleveurs sont globalement satisfaits à lissue de leur conversion AB et que la vulnérabilité de leur exploitation a diminué. Toutes les stratégies dadaptation observées vont vers des systèmes davantage basés sur le pâturage et sur une réduction dintensification, des sols (chargement, etc.) et du troupeau (complémentation, etc.). En mettant en évidence la forte réduction de vulnérabilité perçue par les agriculteurs suite à la conversion AB, les résultats obtenus contrastent fortement avec les études précédentes qui mettaient surtout en avant les risques dune telle conversion. Cette synthèse a été rédigée et présentée dans le cadre des Rencontres Recherches Ruminants 2018.
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Convertir son troupeau caprin en agriculture biologique : A quelles conditions ?
Le projet BioRéférences vise à apporter des réponses à un besoin majeur de références technico-économiques sur les systèmes de production biologiques du Massif Central et, ainsi, à contribuer à laccompagnement et au développement délevages ruminants biologiques viables, vivables et en cohérence avec leur territoire et leurs filières/marchés. Concernant lélevage caprin bio, lAgence BIO recensait, en 2016, dans les 22 départements intégrés en partie ou en totalité dans le Massif Central, 295 exploitations caprines certifiées ou en cours de conversion. Sur la zone du Massif Central, le marché des produits fabriqués à base de lait de chèvre biologique est en plein développement. Ce document est complémentaire à la synthèse des suivis dexploitations caprines réalisés dans le cadre du projet BioRéférences. Après une présentation du contexte de la filière caprine en AB dans le Massif Central, il donne les points-clés de la conversion du troupeau en AB en abordant les questions suivantes : élever des chèvres, valoriser des surfaces pour lalimentation du troupeau, valoriser le lait produit en transformation fromagère fermière, valoriser le lait produit en livraison, optimiser le coût de production.
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En direct de lInao : Conversion en élevage : cela se mérite !
Serge JACQUET, Auteur ; Olivier CATROU, AuteurSi la vague des conversions en élevage ne satténue pas, la période de conversion en elle-même nen est pas moins complexe. Sachant que léleveur, durant cette phase de transition, ne pourra pas valoriser le fruit de son travail au prix bio, le choix de la modalité de conversion est crucial. Dans le cas dune conversion progressive en polyculture élevage, la conversion des animaux ne démarre quaprès la fin de la première année de conversion des terres et a une durée qui peut sétendre de 6 semaines (volailles destinées à la production dufs) à 12 mois (bovins et équidés destinés à la production de viande et au moins les ¾ de leur vie en conversion). En conversion simultanée, les animaux deviennent bio au bout de 24 mois, sous condition quils soient nourris en majorité avec des produits de lexploitation. Larticle décrit la réglementation spécifique à lintroduction de volailles dans une unité biologique et de mammifères dans une exploitation bio aux fins de reproduction.
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Dossier : Lait : Réussir le passage en bio
Vincent GUYOT, AuteurDans un contexte de production de lait de vache bio croissante, ce dossier revient sur les grands points à avoir en tête pour réussir sa conversion en AB. Il est notamment essentiel de réfléchir à son autonomie, le but étant dadapter sa production au potentiel de son système. Cest ce que montre le témoignage de Jacky Savin (Ille-et-Vilaine), qui nest passé en bio quaprès avoir mis en place un système basé sur le pâturage. Aujourdhui, il n'achète aucun concentré. Autre point important : anticiper le cahier des charges bio, aussi bien au niveau logement, alimentation que traitements vétérinaires. Il est important de démarrer avec un troupeau sain. La modalité de conversion est aussi à réfléchir au cas par cas : convertir simultanément les terres et le troupeau sur deux ans est la première option ; la seconde étant de convertir en premier les terres sur deux ans et, après un an de conversion, il est possible dengager le troupeau sur six mois. Enfin, il est important de reprendre la main sur la valorisation de son lait à loccasion de la conversion. Il faut sinformer, avant cette dernière, sur la filière et les possibilités quelle permet sur son secteur. Si léleveur peut ainsi sinformer auprès des laiteries, il peut aussi sadresser à des organisations de producteurs (OP). Ainsi, en France, en production de lait bio, il existe deux OP commerciales (le producteur transfère la propriété de son lait à lOP qui commercialise) et deux OP de mandat (pas de transfert de propriété, mais lorganisation a mandat pour négocier auprès des laiteries).
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Evolution de la vulnérabilité des élevages laitiers permise par leur conversion à l'agriculture biologique
Dans une situation de forte vulnérabilité induite par les crises laitières de 2009 et 2014-2016, de nombreux éleveurs laitiers se convertissent à lAB qui semble une alternative prometteuse. Mais la conversion à lAB est une période de changement de pratiques agricoles, d'interlocuteurs de conseil, etc., source dincertitudes sans valorisation immédiate du lait au prix du lait AB avant 1 an ½ à 2 ans. Ce choix de conversion pose la question de la vulnérabilité des exploitations laitières, cest-à-dire de leur capacité à faire face, à sadapter ou à se remettre des effets de divers aléas avant, pendant et à lissue de la conversion à lAB. Cette thèse visait à évaluer si la conversion à lAB est un moyen de réduire la vulnérabilité des exploitations laitières. Pour ce faire, lauteure sest appuyée sur trois dispositifs de suivis déleveurs laitiers à différents moments de leur conversion à lAB. Au plan de la production de connaissances, ce travail montre que la conversion à lAB peut être un levier important pour la réduction de la vulnérabilité des exploitations agricoles à condition de sorienter vers un système à dominante herbagère. Au plan méthodologique, la principale originalité de ce travail réside dans le développement dune méthode dévaluation intégrée et dynamique de la vulnérabilité.
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Fiche technique : S'engager en bio
Avant que les produits dune ferme qui entame sa conversion puissent être valorisés en AB, il existe une période transitoire dite de "conversion", pendant laquelle la ferme est menée selon les règles de la réglementation bio sans que ses produits puissent prétendre à la mention. Cette durée réglementaire de conversion ne doit cependant pas être confondue avec la durée propre à chaque système de production pour trouver son équilibre technique et économique dans son évolution vers le bio. Cette fiche donne les points de repère pour gérer à la fois les aspects réglementaires et les durées, selon les productions, avant que celles-ci puissent être valorisées en bio. Elle aborde notamment le cas d'une conversion en cultures annuelles à 2 dates différentes, en viticulture et en productions animales (conversion simultanée et conversion successive).
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Jean-Paul Delille - Polyculture - Pas-de-Calais : La gestion de lenherbement sur une exploitation mixte en polyculture en Hauts de France
Déborah VAN DAËLE, AuteurJean-Paul Delille sest installé en 1986 sur lexploitation familiale, dans le Pas-de-Calais. Il produit des céréales et des légumes sur 90 ha, dont 25 ha en bio depuis 2013, son objectif étant de convertir progressivement sa ferme en bio. Il souligne à quel point le changement de pratiques lors du passage en bio modifie profondément le métier d'agriculteur, notamment dans la gestion de l'enherbement. Les parcelles qui ne sont pas encore en bio ont bénéficié, elles aussi, de ces changements de pratiques. Elles ont reçu, par exemple, 2 à 3 fois moins d'intrants chimiques grâce au désherbage mécanique. Un retour à l'équilibre dans la vie du sol de ses parcelles s'est ainsi opéré, comme l'a constaté Jean-Paul. Pour lui, c'est aussi une manière de redécouvrir l'agronomie...
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Légumes : La belle dynamique de la conversion
Cécile PRALY, AuteurMikaël Boilloz, conseiller légumes de la Chambre d'Agriculture de la Drôme, apporte son point de vue, tiré de son expérience du terrain aux côtés des maraîchers, sur la conversion des surfaces légumières en AB. Il souligne la difficulté, pour les agriculteurs en conversion, de gérer les deux années pendant lesquelles les productions ne sont pas encore valorisables en bio. La rotation des cultures peut alors constituer une solution, mais "chaque situation est particulière", précise-t-il. C'est en tout cas de cette manière qu'a procédé Nicolas Vizier, qui exploite, avec son père, 90 ha dans le nord de la Drôme. Ils produisent des abricots, des poireaux, des poulets de chair et des céréales. Deux éléments ont été déterminants dans sa décision de passer en bio : son travail chez un agriculteur bio, d'une part et, d'autre part, la création d'un GIEE, en 2011, avec 5 agriculteurs voisins. Il a passé en conversion une grande partie de la SAU grandes cultures en 2016, puis une autre, en 2017. Deux années pendant lesquelles les poireaux ont encore été produits en conventionnel. Les premiers poireaux bio sortiront de terre en 2018. Cette façon progressive de passer en bio lui a permis de bien se former aux techniques de l'AB et de se faire accompagner. C'est aussi grâce à la dynamique collective amorcée au sein du GIEE qu'un projet de méthaniseur a pu voir le jour... Autre témoignage, celui de Roland Piaud, producteur d'ail depuis 35 ans. Il a converti 8 ha en 2016. Depuis 2018, les parcelles sont certifiées bio. Il souligne lui aussi l'importance, dans une démarche de conversion, d'être entouré de soutiens multiples, de pairs agriculteurs et de conseillers techniques, ainsi que d'avancer étape par étape.
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Modéliser les changements mineurs et majeurs d'individus en interactions : Application à la conversion à l'agriculture biologique
Cette thèse en informatique s'intéresse aux dynamiques de changement en agriculture, plus précisément aux modes d'adaptation des agriculteurs dans un contexte incertain, face à des bouleversements climatiques, socio-économiques et sociétaux de plus en plus fréquents et intenses. L'auteure propose un modèle individu-centré de l'adaptation des agriculteurs, qui intègre les changements mineurs et majeurs, en se focalisant sur la dimension psycho-sociale de ces changements. Le modèle est appliqué à la question de la conversion à l'AB des éleveurs laitiers français.
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« Notre site a été construit au centre du parcellaire »
Franck MECHEKOUR, AuteurLe GAEC des Collines et Prairies en Ille-et-Vilaine repose sur le pâturage. Avec son troupeau de 90 vaches laitières conduit en AB et ses 110 ha de SAU, il est quasiment autonome (92 % dautonomie fourragère). Jean-Yves Lerétif a fait le choix, dès les années 2000, dun système très pâturant. En intégrant un groupe herbe animé par la Chambre dAgriculture, il s'est rend compte que sa production par vache était supérieure à la moyenne, mais quil nétait pas efficace économiquement. Depuis, il cherche à produire un maximum de lait avec de lherbe pâturée. En 2016, son fils Étienne sinstalle et lexploitation se convertit au bio. La recherche dautonomie monte alors dun cran. En même temps, une opportunité de reprendre 30 ha accolés à 10 ha de lexploitation se présente. Elle permettrait dobtenir 40 ha accessibles aux vaches (50 ares/vache) mais il faudrait reconstruire un nouveau site à deux kilomètres de lancien. Les deux associés optent pour cette solution et investissent 522 000 pour construire le nouveau site, dont 50 000 de subvention PCAE. En 2017, le troupeau est 100 % au pâturage davril à mi-juillet, avec un complément quotidiennement de 1 à 2 kg densilage de maïs épis ou de céréales. Lorsque les vaches ne pâturent pas, lensilage de maïs ou dherbe ainsi que lenrubannage complètent la ration. La première année de conversion sest soldée par une baisse du niveau de production denviron 600 L/vache. En 2018, les conditions difficiles du printemps ont bouleversé leur plan : ils nont pas pu débrayer certaines parcelles pour la fauche. Toutefois, ces deux associés restent confiants sur la viabilité de leur système pâturant une fois ces années de transition effectuées.
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Nouveaux bio au 1er semestre 2018 : Encore une belle année pour les conversions bio !
L'Observatoire de la production biologique en Bretagne réalise, depuis 4 ans, une enquête auprès des agriculteurs bretons nouvellement engagés en bio. Pour le 1er semestre 2018, 162 agriculteurs ont répondu à lenquête : 25 % sont en bovins lait, 19 % en légumes, 10 % en volailles, 8 % en grandes cultures, 6 % en fruits, 5 % en porcs et 1 % en PPAM. Qui sont-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Quest-ce qui a déclenché la conversion ? Quelle est leur SAU ? Comment commercialisent-ils leur production ? Des éléments de réponse sont apportés.
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Why do farmers not convert to organic farming? Modeling conversion to organic farming as a major change
Qing XU, Auteur ; Sylvie HUET, Auteur ; Christophe POIX, Auteur ; ET AL., AuteurCette étude vise à mieux comprendre pourquoi les agriculteurs ne se convertissent pas à l'agriculture biologique. Pour cela, leurs trajectoires de décision ont été analysées grâce à un modèle basé sur un agent dynamique. Dans ce modèle, la décision d'un agriculteur de se convertir à lAB repose sur une comparaison entre sa satisfaction à l'égard de sa situation actuelle et sa satisfaction potentielle en adoptant un mode de production plus alternatif. Cette satisfaction a été modélisée grâce à la théorie de l'action raisonnée et elle a été calculée en comparant les performances dun agriculteur par rapport à celles d'autres producteurs auxquelles il accorde une grande crédibilité. L'analyse a identifié cinq raisons pour lesquelles un agriculteur ne change pas de stratégie. Trois sont dues à la satisfaction de la situation actuelle : la conversion à l'agriculture biologique constitue un changement majeur et elle nest pas envisagée si le producteur est actuellement satisfait. En cas dun mécontentement qui nest que passager, lagriculteur nest pas non plus incité à réaliser leffort de conversion. Enfin, la décision de ne pas se convertir peut également être due à une mauvaise perception de lagriculture biologique par des "personnes importantes" pour lagriculteur.
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Bernard Delaunay : "Passer en bio, ça ne s'improvise pas"
Antoine BESNARD, AuteurÉleveur laitier à Javené (35), commune dont il est le maire, Bernard Delaunay revient sur son parcours et partage sa réflexion sur la bio. Eleveur en conventionnel sur la ferme familiale lors de son installation en 1988, il a toujours évolué dans le principe d'utiliser le moins possible de pesticides et d'engrais chimiques, avec un souci pour la santé, la sienne, celle des animaux et celle des consommateurs. Un des facteurs déclenchant son passage en bio, en 2017, est la crise de 2015, qui survient alors qu'il est en désaccord avec sa coopérative laitière, en particulier sur une vision productiviste qu'il ne partage pas. La philosophie et les valeurs de la bio, mais aussi la possibilité d'un revenu digne tout en faisant de la qualité plutôt que du volume, l'ont décidé à convertir son exploitation. Il décrit, dans cet interview, comment il s'est approprié la conduite bio, le rôle qu'y ont joué les agriculteurs bio avec lesquels il a pu échanger et sa vision du monde agricole.
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Conversion des fermes laitières : Des fermes plus vulnérables pendant cette période ?
Niels BIZE, AuteurEn 2009, le réseau GAB-FRAB de Bretagne lançait une étude sur lévolution de 14 élevages bovins laitiers suivis sur 5 années : 1 an avant la conversion, 2 ans pendant la conversion et 2 ans après la conversion. Les données recueillies alors ont fait lobjet dune étude complémentaire en 2017 sur la vulnérabilité de ces mêmes fermes. Cet article est le premier dune série de 2 présentant les résultats obtenus. Parmi ces derniers, on peut noter que la sensibilité aux aides ou encore le contexte climatique et économique ne sont pas des indicateurs permettant de caractériser la vulnérabilité économique des fermes suivies. Les indicateurs de pratiques délevage sont les seuls paramètres réellement discriminants. Ainsi, la principale conclusion à retenir est : lévolution vers des systèmes plus pâturants, ainsi que la robustesse économique avant conversion sont les facteurs principaux diminuant la vulnérabilité économique des systèmes bovins lait en phase de conversion.
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Dossier Conversions : Changer de système : A chacun son parcours vers la bio
Cécile MARCUS, Auteur ; Jean-Martial POUPEAU, Auteur ; Stéphanie CAMAZON, AuteurEn 2016, 21 nouvelles fermes bio sont apparues en France chaque jour. Cette vague de conversions se poursuit en 2017. Ainsi, l'enjeu pour la filière bio est important, notamment en termes d'accompagnement des agriculteurs. Dans un premier article, ce dossier fait le point sur les dispositifs d'accompagnement existants en région. Si leur rôle est reconnu, ils manquent bien souvent de moyens pour mettre en place un accompagnement sur le long terme, au-delà des étapes de diagnostic et d'étude des modalités de conversion. Les articles suivants rapportent des témoignages d'agriculteurs en conversion, dans différentes régions et différentes filières : maraîchage de plein champ, grandes cultures, cultures diversifiées (grandes cultures, tomates, pommes), viticulture, plantes aromatiques et médicinales, ou encore élevages de porcs et de bovins laitiers. Tour à tour, ces agriculteurs abordent différentes thématiques qui leur tiennent à cur dans leur démarche vers l'AB, de la conversion non-simultanée à la transmission de leur système, ou encore concernant les défis techniques à relever, notamment en matière de protection phytosanitaire.
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Enquête : Agriculture biologique : Le bio en ébullition
Pauline BOURDOIS, Auteur ; Vincent DEMAZEL, AuteurLagriculture biologique poursuit son développement. Cest ce que montre cet article, qui alterne présentation de chiffres et témoignages dacteurs, dont des agriculteurs. Avec une demande croissante en produits biologiques, ce développement concerne toutes les productions et se poursuit malgré dimportants problèmes dans le versement des aides à lAB (retards suite, par exemple, aux fusions des régions, ou enveloppes budgétaires insuffisantes ). Un des focus de cet article porte aussi sur la phase de conversion avec le témoignage de François Berrou, animateur qui accompagne des agriculteurs en Mayenne. Pour lui, deux clés de réussite pour mener à bien un projet de conversion : un bon calcul du budget de trésorerie pour la phase de conversion et la prise en compte du « réajustement du temps de travail » qui va varier en contenu et en rythme. A cela, sajoute limportance de sappuyer sur un réseau pour réussir son projet de conversion. Cette enquête aborde aussi la question des Cuma mixtes : elles sont, en effet, nombreuses à compter à la fois des adhérents bio et conventionnels, chacun ayant des calendriers dexploitation différents. En juillet 2016, le comité national de lAB a apporté des précisions : « un usage mixte (de matériels) est possible, dans la mesure où il est procédé à un nettoyage approprié entre les utilisations ». Ainsi, si le nettoyage est un enjeu majeur pour ces Cuma, ces dernières sont aussi sources de liens entre agriculteurs, bio et non bio, facilitant le transfert de pratiques.
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EPL Charente EPA
Ce film a été réalisé dans le cadre « Enseigner à produire autrement », avec la participation financière du Casdar. Il met en avant une démarche d'enseignement conduite à lEPL Salles de Barbezieux (16). Des élèves de bac pro agricole CGEA et de BTS, accompagnés de leurs enseignants, ont évalué la faisabilité de la conversion en bio de l'atelier allaitant de la ferme du lycée. Les jeunes lycéens ont étudié les changements que cela impliquent d'un point de vue technique, social, mais aussi en matière de commercialisation. Pour les aider dans ce projet, plusieurs personnes sont intervenues : des enseignants, le directeur de l'exploitation du lycée et des professionnels extérieurs (un agriculteur bio, plusieurs personnes des Chambres d'Agriculture, Agrobio Poitou-Charentes ).
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Ex-Post Evaluation of the Impacts of the Science-Based Research and Innovation Program: A New Method Applied in the Case of Farmers Transition to Organic Production in the Camargue
Sylvain QUIEDEVILLE, Auteur ; Dominique BARJOLLE, Auteur ; Jean-Claude MOURET, Auteur ; ET AL., AuteurCet article vise à évaluer la contribution, le rôle et les impacts du Programme de recherche scientifique et d'innovation (ISRIP) sur la conversion des agriculteurs à la production biologique en Camargue. En mettant l'accent sur la façon avec laquelle les acteurs de la recherche ont contribué à la voie de l'innovation, et dans quelle mesure, les auteurs ont mis en place plusieurs méthodes. Lapproche participative de l'impact des cheminements critiques (PIPA) a été utilisée pour mettre au point des mécanismes complexes tout au long du processus d'innovation, la Méthode de récolte des résultats pour adapter le PIPA aux exigences d'une évaluation a posteriori et à l'analyse du réseau social (SNA) afin de mettre l'accent sur les relations des acteurs par rapport au processus de développement. Les auteurs démontrent que la recherche a contribué au changement en développant des interactions de co-apprentissage avec les agriculteurs, bien que cela n'ait pas été essentiel au succès de l'innovation. Ils soulignent plutôt que les politiques agricoles, les facteurs économiques, les tests effectués de manière indépendante par les agriculteurs et le cadre institutionnel sont les facteurs les plus importants et les plus influents.
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La Ferme Coq'Lait, beaucoup d'évolution avant de témoigner dans la Voix Biolactée
Bertrand ESCOT, AuteurEn 2007, Bertrand Escot et Vincent Forissier ont créé le GAEC de l'Horizon, à Saint-Héand (42), sur une zone de forte production laitière. Ils ont ensuite été rejoints par Ismaël, qui a commencé à développer une production de poulets de chair en vente directe. Ensemble, ils ont entamé une réflexion sur l'avenir et visité plusieurs exploitations en AB, un choix qu'ils ont estimé alors viable et cohérent pour leur futur projet à trois, pour sortir d'un système du "toujours plus", se garder du temps et ne pas réinvestir de façon importante dans la production laitière. Ils se sont engagé en bio en 2016, après un stage conversion avec l'ARDAB. Le GAEC de la Ferme Coq'Lait a vu le jour en décembre de la même année. Bertrand Escot raconte comment ils produisent aujourd'hui et comment ils produiront demain, une fois en bio, des poulets de chair et du lait. Il souligne le besoin de prendre son temps pour s'approprier la production laitière bio.
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Fermoscopie
Marie AUBREE, AuteurChristophe Gendron est éleveur laitier en Ille-et-Vilaine. Aujourdhui en système herbager, il met en place des chemins et des haies et a débuté la conversion bio. En 2011, cest en système maïs ensilage quil sétait installé. Pour lui, la transition a été possible grâce à un accompagnement individuel dans le cadre du projet « Fermes en transition ». Cet article présente le parcours de ce changement, depuis la découverte de lAdage 35 à la prise de décisions. Les résultats quil obtient sont également présentés.
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Fermoscopie : Chez Germain Naud, place à l'herbe !
Mégane GUILLOU, AuteurGermain Naud sinstalle en élevage allaitant en janvier 2016 en reprenant une ferme de 75 ha avec 80 vaches charolaises, à Touarsais-Bouildroux en Vendée. En mai 2016, léleveur entame une conversion bio. Il décide dapporter plus dautonomie et d'augmenter la part de lherbe. Il diminue le nombre de vaches de moitié, toujours en vêlages trois ans groupés à l'automne, et stoppe latelier dengraissement des taurillons pour vendre ses mâles en broutards. Il réduit à 8,4 ha la surface cultivée en maïs, afin daugmenter la surface des prairies temporaires à 27,3 ha, réimplantées à base de mélanges multi-espèces. Des mélanges céréaliers pour la vente (blé-féverole) et pour lautoconsommation (triticale-pois-féverole) sont introduits. Aujourdhui, lautonomie en fourrages et en concentrés pour lengraissement des bovins est atteinte à 100 %. Six mois après, il installe le pâturage tournant dynamique (couloir de 40m de large), avec un système en fil avant-fil arrière formant des blocs de 1 000 mètres carrés. Prochainement, Germain envisage de monter à 50 le nombre de vêlages et de continuer à étendre ses prairies.
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Fermoscopie : L'histoire d'un changement de système
Antoine DELAHAIS, Auteur1999 a marqué le début dune réflexion pour Antoine Delahais, alors installé depuis 3 ans en élevage bovin lait en Seine-Maritime. Constatant que son activité devenait moins rémunératrice, il a décidé de revoir l'ensemble de son système. Il a d'abord créé, avec d'autres éleveurs, un groupe Herbe, au sein du CIVAM 76. Son frère Thomas l'a rejoint sur la ferme en 2008, dans un contexte de crise laitière. Ils ont réalisé assez vite les limites d'un système productiviste et se sont engagés, d'un commun accord, vers un système durable. Les groupes d'échanges entre éleveurs et les journées de formation ont été déterminants. Antoine raconte les différentes étapes de la transformation et les actions entreprises : maximisation du pâturage avec un système de paddocks, construction d'un séchoir en grange et passage en bio en 2012, système de vaches nourrices pour élever les veaux, arrêt des antibiotiques et utilisation des huiles essentielles en préventif... L'ensemble du système est pensé pour être efficient économiquement, notamment par une diminution des dépenses et par la recherche de valeur ajoutée (moins de frais vétérinaires, des vaches qui vieillissent bien, une alimentation basée sur l'herbe pâturée...). Cependant, l'aspect social et humain est au cur de la démarche. L'embauche d'un salarié contribue à une meilleure qualité de vie, des éleveurs et des animaux : "Quand l'éleveur va bien, tout va bien...", déclare Antoine. Il utilise le temps dégagé pour militer pour une agriculture solidaire, dont il retrouve les valeurs dans les CIVAM et Biolait. Se dégager du temps n'a pas été immédiat, il a fallu du temps pour stabiliser le système. Pour Antoine, s'enrichir des expériences des autres a été une des clés de réussite.
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Fiche Trajectoire : Emmanuel Nourry : Secteur Lamballe
ADAGE 35, Auteur ; CEDAPA, Auteur | CESSON-SÉVIGNÉ (Pôle InPACT, 17 Rue du Bas Village, 35 577, FRANCE) : ADAGE 35 | 2017Emmanuel Nourry est éleveur de vaches laitières en conversion bio depuis 2016, en Bretagne. Il a fait le choix en 2009, suite à la crise laitière, de concrétiser son idée de passage en bio et darrêter latelier de volailles hors-sol. Pour cela, il a fait évoluer son mode délevage vers un système herbager. Cette fiche a été réalisée dans le cadre de létude des fermes en transition de Bretagne. Elle reprend les étapes majeures de la transition, les évolutions au niveau de lassolement, de lalimentation et de la production, et au niveau financier, de 2012-13 à 2015-16. Emmanuel est passé dun système hors-sol/maïs ensilage gourmand en concentrés, à un système herbager autonome en fourrage et avec peu dachats de concentrés. Le but était notamment de diminuer les charges et davoir une meilleure rémunération
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Fiche Trajectoire : Vincent et Patrick Geffroy : Secteur Maure de Bretagne
ADAGE 35, Auteur ; CEDAPA, Auteur | CESSON-SÉVIGNÉ (Pôle InPACT, 17 Rue du Bas Village, 35 577, FRANCE) : ADAGE 35 | 2017Vincent et Patrick Geffroy sont éleveurs de vaches laitières, en conversion bio depuis 2016, en Bretagne. Ils ont fait le choix en 2012 dévoluer vers un système herbager bio. Cette fiche a été réalisée dans le cadre de létude des fermes en transition de Bretagne. Elle reprend de 2013 à 2016 les étapes majeures de la transition, avec les évolutions au niveau de lassolement, de lalimentation et de la production, ainsi qu'au niveau financier. Les éleveurs sont passés dun système intensif avec maïs ensilage et atelier de veaux de boucherie à un système herbager autonome en fourrage et avec peu dachats de concentrés. Le but était notamment de diminuer les charges et davoir une meilleure rémunération.
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Grand Est : La bio gagne la Lorraine
Cécile MARCUS, AuteurLa Lorraine a connu une vague de conversions sans précédent avec, mi-2016, 60 000 hectares en bio, dont le tiers en conversion. Pour accompagner les agriculteurs dans cette démarche et les aider à préparer au mieux cette étape clé dans la vie d'une exploitation, le Pôle conversion bio de Lorraine propose des audits de conversion. Le Gaec laitier Sainte Marguerite, en Moselle, en a bénéficié, ce qui a permis à ses associés de s'assurer de la faisabilité technique, économique et financière du passage à l'AB. Face à des dispositifs d'aides de plus en plus incertains, un tel diagnostic est d'autant plus important.
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Guide régional de la conversion à l'agriculture biologique en Normandie
12 fiches pratiques présentent la conversion en agriculture biologique grâce à une approche complète allant de la réflexion à la conversion aux démarches administratives, en passant par les contacts régionaux : - La bio, c'est quoi ? ; - Les bonnes questions à se poser avant d'aller plus loin ; - Les techniques de base en agriculture biologique ; - Comprendre la conversion ; - Les démarches administratives pour engager la conversion en bio ; - Les incidences techniques sur les systèmes de production ; - La mixité entre agriculture biologique et conventionnelle ; - Fournisseurs et collecteurs en Normandie ; - Repères de valorisation en filière longue ; - Les aides à l'agriculture biologique ; - Pour en savoir plus ; - Les documents administratifs de traçabilité en AB.
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Mois de la bio : Deux exemples de conversion en grandes cultures
Lundi 13 novembre 2017, le pôle conversion bio, associant la Chambre dAgriculture dAlsace et lOPABA, proposait, dans le cadre du mois de la bio en Grand Est, une rencontre avec deux agriculteurs de Petit-Landau, dans la Hardt Haut-Rhinoise, qui ont récemment engagé une conversion en grandes cultures : Matthieu Herrmann et Benoît Sutter. Ils expliquent quelles ont été leurs motivations pour cette conversion et exposent leur projet à plus ou moins long terme. Matthieu Herrmann vend en partie en circuit long à Probiolor, ainsi qu'en circuit court. Blé, colza, tournesol, sarrasin sont produits sur la ferme de Benoît Sutter qui a aussi des poules pondeuses et qui produit des pâtes, de la farine, ainsi que des légumes de plein champ.
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Nouvelles fermes laitières bio : La FRAB mène l'enquête
Goulven MARÉCHAL, AuteurAfin de mieux connaître les nouveaux éleveurs laitiers bio (en 2017, en Bretagne, 37 % de fermes bovines laitières engagées en bio de plus qu'en 2015), la FRAB a conduit auprès d'eux une enquête, en janvier 2017, en partenariat avec Agrocampus. Les questions portaient sur la situation de leur ferme avant la conversion, leurs motivations à passer en bio, ainsi que sur leurs objectifs après conversion (assolement, cheptels, volumes produits et laiteries). L'objectif final est de mieux les accompagner grâce à une évaluation des changements techniques envisagés, mais aussi de prévoir les volumes à venir sur les marchés. Quelques-uns des résultats sont présentés.
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Le passage au bio de Christian Streit
Dans cette vidéo réalisée par le FiBL et la Fondation Rurale Interjurassienne, un agriculteur suisse, Christian Streit, est interrogé sur les raisons et les motivations de son passage en bio. Il explique comment l'idée lui est venue, comment il a participé à des groupes de travail et des visites d'exploitations bio pour acquérir des connaissances dans le domaine, et parle également des réactions de ses collègues agriculteurs suite à sa décision de passer en bio.
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Passage au bio en Romandie - Christian Hofer Mont-sur-Rolle/VD (Jan 2017)
Cette vidéo a été réalisée lors d'une rencontre entre Milo Stoecklin (Fondation Rurale Interjurassienne), conseiller en bio et Christian Hofer, un agriculteur passant en agriculture biologique en 2017. Cet agriculteur présente son exploitation, comprenant 60 ha de SAU, dont la moitié en surface fourragère avec la présence de vaches mères (race Aberdeen-Angus). Cet exploitant expose ses motivations à la conversion. Il parle aussi les réactions de ses collègues agriculteurs, certains se sont moqués, d'autres ont dit qu'il était courageux. Il a décidé de créer un petit groupe d'agriculteurs passant en bio, cela permettant d'investir à plusieurs, de s'encourager, de se soutenir. L'ambiance des groupes bio l'a aussi attiré, et son entourage l'a soutenu. Concernant le marché en bio, l'agriculteur sait que le risque existe (augmentation des conversions...), mais il reste confiant.
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Passer pour un fou n'empêche pas la réussite
Rodolphe SAUNIER, AuteurRodolphe Saunier, petit fils d'éleveur laitier des Monts du Lyonnais, a toujours souhaité être éleveur. Après une formation et un parcours d'installation "classiques", il s'installe en GAEC, en décembre 2006, à 21 ans, avec pour ambition de développer une grosse production. Des travaux sont engagés, du matériel de pointe acheté, etc. Le système mis en place fonctionnait, mais était très dépendant des fournisseurs et des banques... Au départ en retraite de son associé, Rodolphe se retrouve à faire des journées de 15 à 16 h pour élever ses 140 bêtes et garder la cadence. Il réalise rapidement que son système est arrivé à bout de souffle et se sent pris au piège. Grâce aux conseils et au soutien de son contrôleur laitier, il commence par remettre ses vaches à la pâture pour supprimer les achats d'aliments. Parallèlement, du fait de la baisse des stocks en herbe, il doit se séparer de toutes ses génisses. A partir de 2016, il s'engage en AB. Rodolphe décrit tout le cheminement qui lui a permis de changer complètement son système malgré les doutes et les critiques dont il a fait l'objet, et de se rapprocher peu à peu de Biolait. "La conversion a aussi bien été professionnelle que personnelle", déclare-t-il. Aujourd'hui, il a l'impression de faire son métier beaucoup plus sereinement et arrive à libérer du temps pour sa famille et ses amis.
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Des producteurs de lait bio libérés ?
Éric GUIHÉRY, Auteur ; Jacques CHIRON, AuteurDès le début de la conversion en bio, la question de la vente du lait se pose. Il faut premièrement observer les conditions de résiliation du contrat en cours, passé avec le collecteur conventionnel. Puis en choisir un nouveau. Depuis 2016, l'article L631-24 du Code rural reconnaît le produit bio comme un produit différent d'un produit conventionnel. La résiliation du contrat conventionnel en est facilitée et peut prendre plusieurs formes (simple préavis, respect de la durée de l'engagement mais avec une valorisation du produit en AB...).
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Quand les canards deviennent des porcs
Tanguy PARANTHOEN, AuteurTanguy Paranthoen, originaire de Saint-Brieuc (22), s'est installé comme éleveur de vaches laitières et de canards en 2009, en Ille-et-Vilaine. Il raconte comment la prise de conscience d'un mode de production intensif, sans aucune pitié pour l'animal, l'a poussé à arrêter l'élevage de canards pour repartir de zéro. Aujourd'hui, avec le soutien de Bio Direct, il s'est réorienté vers un atelier de post-sevreur engraisseur en porcs bio et a converti son élevage laitier en bio. Il est fier de ses choix et souligne qu'avec la volonté d'apprendre et de réussir, changer de production est tout à fait possible et ne doit pas faire peur.
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Salon Terr'eau Bio en Hauts-de-France : Impulser la dynamique bio
Christine RIVRY-FOURNIER, AuteurLes 7 et 8 juin 2017, ABP (Agriculture Bio de Picardie) a organisé la première édition du salon Terr'eau Bio, avec le soutien financier de l'Agence de l'eau Seine-Normandie. Les objectifs étaient, d'une part, d'apporter des réponses aux agriculteurs conventionnels qui s'interrogent sur un possible passage à l'agriculture biologique et, d'autre part, de favoriser le développement de l'agriculture biologique pour protéger les bassins de captage d'eau potable des pollutions d'origine agricole. Si l'engouement semble bien présent, il convient d'être méthodique dans un changement de système tel que celui d'une conversion : accompagnement technique, trésorerie saine, assurance de débouchés... Les opérateurs de l'aval, comme Unibio, étaient présents sur le salon. Leurs demandes concernent notamment les légumes racines et les ufs.
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Transition vers un système herbager
Eve GENTIL, AuteurMonique et Jean-Marc Morin sont éleveurs de vaches laitières en Bretagne et engraissaient des taurillons. En 1992, le couple s'est orienté vers un système maïs et céréales avec moins de pâturage et dherbe pour toucher plus daides PAC. En 2009, suite à la crise du lait, le couple décide de diminuer le maïs et les céréales pour augmenter le pâturage et ainsi être plus autonomes. En 2014, ils achètent 10 ha, passent en système tout herbe et arrêtent latelier dengraissement. Enfin, en 2015, ils décident de passer en bio car ils en sont très proches. Cet article présente leur démarche de transition, les difficultés quils ont rencontrées, ainsi que les résultats encourageants obtenus.
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10 clés pour réussir en bio - Conversion & installation
Karim RIMAN, Auteur ; Éliette GIRARD, Auteur ; Barbara MEYER SOULA, Auteur ; ET AL., Auteur | PARIS CEDEX 10 (8 Cité Paradis, 75 493, FRANCE) : ÉDITIONS FRANCE AGRICOLE | 2016
Ce guide est destiné aux agriculteurs désireux de convertir leur ferme en bio et aux porteurs de projets d'installation en AB. Pour les premiers, il propose des clés qui leur permettront d'évaluer leur système de production et de déterminer les éléments à modifier dans leurs pratiques, d'identifier des appuis ou des structures relais et de définir les solutions les plus adaptées à leur situation. Ainsi, 10 clés sont proposées pour réussir la conversion : Saisir les opportunités pour faire sa place sur le marché ; Nouer de nouveaux contacts, tisser un réseau ; Questionner ses choix techniques ; Investir à bon escient ; Préparer financièrement la période de conversion ; Surmonter sa propre résistance au changement ; Sinformer, se former ; Convaincre les personnes impliquées dans lentreprise ; Se tester, avancer progressivement ; Franchir les étapes administratives. Pour les porteurs de projets d'installation en AB, 10 points sont soulignés pour passer du rêve à la réalité : Découvrir un secteur professionnel particulier ; Appréhender les difficultés du "hors cadre familial" ; Entrer dans une démarche de création ; Poser des bases solides en se mettant au clair personnellement ; Acquérir les compétences nécessaires ; Accéder au foncier, question épineuse ; Trouver les fonds ; Choisir un statut ; Démarrer progressivement ; Vivre les premiers temps de linstallation.
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Les conditions d'une conversion réussie à la production de lait bio
Brigitte LAMBERT, AuteurAprès des rappels sur les derniers chiffres du marché (collecte de lait bio en France et en Europe, estimation des nouveaux litrages bio pour les Pays de la Loire), trois acteurs de la filière livrent, selon eux, les conditions dune conversion réussie : Bruno Pinel, éleveur laitier bio en Loire-Atlantique et administrateur dEurial ; Christophe Baron, installé en Morbihan et Président de Biolait ; Gérard Maréchal, responsable des achats de lait chez Lactalis. Pour les deux producteurs, il est nécessaire, pour quune conversion fonctionne : dêtre convaincu des bienfaits du bio, de se préparer dans le temps, de viser lautonomie fourragère et protéique, de se rapprocher dun groupe déleveurs qui sest converti et dun producteur déjà bien installé en bio, et enfin de penser aux débouchés. Les appuis des opérateurs aux éleveurs en conversion sont également présentés.
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Conversion bio : 2016, vers l'année de tous les records
Michaël DESPEGHEL, AuteurLes chiffres issus des notifications de l'Agence BIO au 30 juin 2016, confortés par ceux de l'Observatoire de la production bio en Bretagne au 04 juillet 2016, montrent un record historique des conversions laitières, en France comme en Bretagne. Au-delà de la production laitière, le nombre de nouvelles fermes bio a progressé de 10 % en 6 mois, contre 2,5 % en 2014 et 7 % en 2015. Les chiffres clés de cette véritable tendance de fond, dans laquelle l'activité bovin lait est très représentée (134 fermes sont concernées), sont donnés.
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Conversion en lait Bio : dernière étape ou grand écart ?
Didier DESARMENIEN, AuteurEn 2016/2017, une vague importante de conversions à l'agriculture biologique est prévue. Pour les candidats à l'AB, il convient d'avoir bien conscience de ce qu'implique une conversion. Dans les Pays-de-la-Loire notamment, les systèmes laitiers conventionnels, fortement axés sur le maïs ensilage, sont plus éloignés des systèmes laitiers bio que ce que certains agriculteurs imaginent. Cet article revient sur quelques grandes disparités entre ces deux types de systèmes, à connaître et accepter avant une démarche de conversion en AB : système d'alimentation basé sur l'herbe pâturée, plus faible part du maïs ensilage dans l'assolement et la ration, production laitière inférieure, etc.
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Conversion en lait bio : Des réussites preuves à l'appui !
Elodie BETENCOURT, AuteurDans un contexte de fortes conversions à l'agriculture biologique, trois éleveurs laitiers témoignent dans cet article : - Christine Valentin, du GAEC de Fraissinet, en Lozère, en cours de conversion ; - Véronique Klein, du GAEC des Collines, dans le Bas-Rhin, en bio depuis 1994 ; - Étienne Legrand, de l'EARL Jean Étienne, dans la Manche, en bio depuis 2003. Après une présentation de leur parcours et de leurs motivations pour le passage à l'AB, ils présentent leurs regards sur la vague de conversion actuelle, sur les possibilités d'accompagnement et de conseil à leur disposition, etc. Didier Désarménien, référent technique national bovins bio pour les Chambres d'agriculture France et conseiller élevages laitiers en Mayenne, apporte quelques conseils pour une conversion dans les meilleures conditions possibles. Cela passe notamment par un système d'alimentation adapté et une transition en douceur vers un système plus pâturant.
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Conversion : Quelles trajectoires pour les fermes laitières ?
Elsa NAËL, AuteurCette étude réalisée par le GAB 44 porte sur dix fermes en bovins lait de Loire Atlantique, converties en bio et suivies de leur dernière année en conventionnel à leur première année en bio. Avant leur conversion, ces fermes pouvaient être classées en deux groupes : système herbager ou système maïs. Dans tous les cas, les systèmes, après conversion, se distinguent par la part de lherbe dans le système fourrager, avec trois groupes : système tout herbe, système pâturant (avec un peu de maïs ensilage) et système ensilages (dherbe et de maïs avec pâturage). Les charges sont réparties différemment selon ces trois groupes, les deux avec prédominance de lherbe ayant, par exemple, les charges de mécanisation les plus faibles. Quatre grands types de trajectoire dévolution au cours de la conversion ont été observés : (i) réorganisation des stocks fourragers, ii) optimisation du pâturage, iii) système dalimentation stable, ou encore iv) arrêt de lensilage maïs. Au final, on observe des stratégies de conversion variées, selon les systèmes et léleveur. Cependant, tous les producteurs dressent un bilan positif de leur passage en bio (notamment en gain de qualité de vie). En synthèse, il ny a pas un modèle unique pour passer en AB, mais des facteurs clés à considérer, comme lautonomie, lintérêt à plutôt optimiser le pâturage, limportance davoir une bonne situation économique au départ ou encore la formation des éleveurs.
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Les conversions bio ont triplé en 2015
Costie PRUILH, AuteurSelon le Cniel, les conversions sont passées de 48, en 2014, à 145 producteurs engagés en 2015. Le rythme s'est encore accéléré entre novembre 2015 et mai 2016, période pendant laquelle 524 conversions ont été dénombrées. Le potentiel de collecte de lait bio pour 2018 est estimé à environ 800 millions de litres. Au niveau européen, une hausse de la collecte est observée également et, côté consommation, les ventes en volumes continuent d'augmenter.
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Convertir son exploitation ovine en bio
Ce dossier a été réalisé par l'Institut de l'Élevage en partenariat avec les Chambres d'agriculture de Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté. Afin d'aider la filière ovin bio à se structurer, dans un contexte de volumes supplémentaires dus aux nombreuses conversions, une étude a été conduite sur la conversion de 2 systèmes d'exploitation modélisés avec commercialisation de tous les agneaux lourds en bio : le cas-type d'une exploitation herbagère (2 cas de figure "Bio mixte" et "Bio de printemps" avec une production d'agneaux uniquement à l'herbe) ; le cas-type d'une exploitation de polyculture-élevage. Les systèmes sont décrits.
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Dossier : Les conversions
Alain GUIFFÈS, Auteur ; Isabelle MATHY, Auteur ; Bernard GAUBERT, Auteur ; ET AL., AuteurCe dossier aborde de nombreux aspects de la conversion en AB. Grâce à de nombreux témoignages d'éleveurs adhérents de Biolait, mais aussi de conseillers et d'animateurs techniques, il illustre à la fois la complexité du passage en bio, la diversité des situations et la motivation des agriculteurs qui s'engagent dans toutes les régions : - Alain Guiffès, GAEC des Trois Poiriers (49) ; - Pourquoi nous ne sommes pas encore tous des agrobiologistes ? (Isabelle Mathy, (01)) ; - La complexité de la conversion bio... (Bernard Gaubert, GAEC de l'Arbiche (42)) ; - "Rappelle-toi ta conversion" (Jean-Marc Huet, (72)) ; - La filière lait bio en plein essor (Eva Lacarce, Observatoire national de la Bio, et Nour Altamimi, Agence BIO) ; - Interview d'Anthony Grolleau, EARL Prim'Vert (85) ; - "En route... Vers la bio, la Vendée et le travail en couple !" : Arnaud et Erika Simonin, GAEC Vent des Vosges (85) ; - Conversion bio des élevages laitiers : Un accompagnement renforcé en Alsace ; - Se lancer en lait bio en Sarthe : quels accompagnements ? ; - La bio : un choix et des engagements ; - "Rappelle-toi ta conversion" (Frédéric Kaak, (87)) ; - "Même d'une situation très critique, tu peux renverser la vapeur" (Laurence et Damien Legault, EARL des Deux Ruisseaux (44)) ; - "Rappelle-toi ta conversion" (Ronan Guernion, (22)) ; - Les aides bio ; - Les différentes aides proposées par Biolait pour l'installation et la conversion.
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Dossier : Passer en bio, c'est pas si facile !
Franck MECHEKOUR, Auteur ; Costie PRUILH, AuteurDepuis 2015, par l'effet de la crise du lait que traverse la filière lait conventionnelle, mais aussi de la forte et constante augmentation de la demande en produits laitiers bio, les demandes d'informations et de diagnostics pour passer en bio affluent vers les organismes de développement de la bio. L'association Lait bio de France, qui regroupe des OP et des organisations de coopérateurs et milite pour un marché équilibré, craint que la vague de conversions de 2016 amène trop de lait en 2018 et déstabilise la filière. Les éleveurs qui se lancent dans une conversion, particulièrement cette année, doivent être conscients des exigences de la bio et des bouleversements qui peuvent éventuellement perturber l'efficacité économique de leur système pendant la période de transition. Ce dossier propose, à partir de témoignages d'éleveurs et d'avis d'experts, d'aborder la conversion à la bio sous cet angle, pour aider les éleveurs qui souhaitent s'engager dans une démarche de conversion à anticiper au mieux les éventuelles difficultés. Au sommaire : - Des exigences réglementaires à bien connaître et à anticiper ; - Un processus en six étapes ; - "Il faut avoir de la trésorerie d'avance" ; - "Nos vaches sont passées de 8500 à 6000 kg sans souci" ; - "J'ai attendu d'avoir mûri suffisamment mon projet".
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Élevage bovin lait en agriculture biologique : Faire du lait bio avec la Simmental en profitant des atouts de la race
Michel WEBER, Auteur ; Dominique MAYANOBE, Auteur ; Marion LANSAMAN, Auteur ; ET AL., AuteurA Prades de Salars, dans l'Aveyron, le Gaec du Peyssi élève un troupeau de vaches de race Simmental, en agriculture conventionnelle. Cette race, rustique, à double finalité lait-viande, et permettant une bonne valorisation de l'herbe, pourrait s'avérer bien adaptée à une conversion à l'agriculture biologique. C'est ce qu'a voulu vérifier le syndicat Simmental de l'Aveyron, en commandant une étude à la mission Références de la Chambre d'agriculture du département. Le Gaec du Peyssi a ainsi servi de support pour une simulation technico-économique de conversion. Les principales conclusions, en termes de conduite et de résultats technico-économiques, sont présentées dans cet article. Concernant la conduite de l'élevage, les rotations seraient à revoir, pour permettre d'intégrer plus de prairies de longue durée, en diminuant les céréales et le maïs ; le nombre d'UGB, et donc le chargement, diminueraient en jouant sur le renouvellement. L'EBE pourrait se voir amélioré de 14 000 , hors aides bio.
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Elevage laitier, jeux d'acteurs et transition agroécologique. Une analyse croisée des pratiques agricoles et de commercialisation en Aveyron
J. RYSCHAWY, Auteur ; T. DEBRIL, Auteur ; JP. SARTHOU, Auteur ; ET AL., AuteurLa transition agroécologique nécessite souvent, pour un agriculteur, de repenser son système de production et de commercialisation avec une approche systémique de son exploitation. Pour mettre en uvre des pratiques agroécologiques, il s'entoure d'un réseau d'acteurs particuliers de conseil (réseau vertical) et d'échanges (réseau horizontal). Un travail d'enquête, à la fois agronomique et sociologique, a été réalisé dans le Tarn-Aveyron auprès de 5 éleveurs laitiers et de 23 acteurs de leurs réseaux. L'objectif était de répondre à des questions de la mission Agriculture biologique de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron. Celle-ci était impliquée dans un projet local visant à développer la production de lait biologique en lien avec la coopérative Sodiaal. Sur la base des trajectoires d'évolution de ces éleveurs, plus ou moins avancés dans la transition agroécologique, les logiques d'innovation et les réseaux d'acteurs mobilisés sont décrits. Les réseaux horizontaux semblent privilégiés par les éleveurs engagés dans la transition agroécologique.
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L'enquête : Agriculture biologique : Ce qu'il faut savoir avant de franchir le pas
Catherine MILOU, AuteurEn 2015 et 2016, l'agriculture biologique a connu une vague de conversions importante, notamment en grandes cultures : + 33 % de surfaces bio pour ces productions. Cependant, un tel changement ne se fait pas en un claquement de doigts. Dans cet article, des conseillers et des experts des grandes cultures biologiques apportent leurs regards aux agriculteurs désireux de franchir le pas. Ces derniers doivent avant tout prendre conscience qu'une conversion implique un réel changement de système et de vision, il ne s'agit pas seulement de substituer certaines techniques par d'autres. Il faut voir son système comme un tout, dans l'espace et dans le temps, y compris pour des aspects aussi précis que la fertilisation azotée ou la gestion du salissement. A l'image de Claude Gibert, agriculteur en grandes cultures dans le Tarn-et-Garonne, les retours des agriculteurs passés en bio sont globalement positifs, avec le sentiment d'un meilleur confort de vie au travail.
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Erwan et Marie Henry : "Passer en bio nous a permis d'arrêter d'avoir peur"
Antoine BESNARD, AuteurErwan et Marie Henry ont démarré leur conversion en AB en 2014, à un moment où la situation économique de leur exploitation était très tendue. Officiellement en bio depuis juillet 2016, en bovins lait, ils décrivent, dans cet interview, leur ferme d'avant, en systèmes lait (une cinquantaine de vaches) et porcs (atelier naisseur-engraisseur) en conventionnel, sur une exploitation de 82 ha sur deux sites. Les difficultés pour organiser le travail, ajoutées à l'insatisfaction de ne pas pouvoir valoriser leurs porcs comme ils le souhaitaient, les ont poussé à changer. Le fait d'être par ailleurs satisfaits de leur travail en lait et d'avoir déjà des pratiques comme le désherbage mécanique, les soins homéopathiques pour les vaches, la recherche de l'autonomie fourragère... les préparait au passage en bio. En 2014, ils ont participé à un colloque lait bio organisé par le réseau GAB-FRAB dans les Côtes d'Armor, et ça a été le déclic. Le couple raconte comment s'est opérée la transition. Pour Marie, passer en bio nécessite de faire sauter certains verrous, le principal étant d'arrêter d'avoir peur de ne plus faire comme avant, ou de ne plus faire comme les autres autour de soi. Dans la commune de Marie et Erwan, à Louargat (22), trois couples sont passés en bio en même temps, ce qui a créé une dynamique et les a rassurés. Les échanges avec les personnes ressources des réseaux GAB et FRAB leur permettent de ne pas se sentir isolés. Quant aux coups de main entre voisins, bio ou conventionnels, ils continuent comme avant...
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La ferme des Masson : des céréaliers se tournant vers les légumes bio
LETTRE FILIÈRES FNAB - LÉGUMES, AuteurNadou Masson était préparatrice en pharmacie jusqu'à ce qu'elle s'installe, en 1993, dans l'Oise, sur la ferme de ses beaux-parents, au moment du départ en retraite de son beau-père. La conversion du domaine en bio s'est faite en 1999, mais progressivement : un quart de la ferme dans un premier temps, puis petit à petit jusqu'à une surface de 108 ha en bio sur 260 ha au total. D'une exploitation conventionnelle classique avec une production de céréales (blé, maïs), de betterave sucrière et de colza, la ferme est passée à une production diversifiée. C'est Corentin, le fils de Nadou, aujourd'hui salarié de l'exploitation, qui s'est d'abord intéressé aux légumes bio (chicorée, carotte, pomme de terre, puis betterave). Comme en témoigne Nadou, l'arrivée des légumes bio amène de nombreux changements dans une rotation de céréales. Les légumes demandent, entre autres, une main-duvre importante (désherbage manuel, par exemple), mais aussi du matériel (notamment irrigation), et beaucoup d'attention... A terme, Nadou aimerait pouvoir transmettre à son fils une exploitation 100 % bio.
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Guide conversion
En France, depuis le début des années 1990, les surfaces conduites en agriculture biologique représentent une part de plus en plus importante de la surface agricole utile, régionale et nationale. Ce phénomène sexplique à la fois par un mode de production qui répond aux attentes de plus en plus fortes de la société en termes denvironnement, de traçabilité et de qualité des produits, et une augmentation de la consommation de produits bio qui s'est encore renforcée en 2015. Ce guide pratique sadresse à tous les porteurs de projets, ainsi quaux animateurs et conseillers qui les accompagnent dans leur démarche. Il constitue un support informatif et outil pédagogique, base de réflexion et d'échanges pour les agriculteurs qui ont un projet de conversion. Chacune des 9 fiches proposées fait le point sur un sujet important pour s'engager en toute connaissance de cause dans une démarche de conversion, depuis les grands principes de l'agriculture biologique jusqu'aux contacts utiles, en passant par les aides financières, la certification, le marché et les filières, l'engagement et le cheminement personnels dans la démarche, etc. La fiche 5 aborde les principaux points réglementaires pour les différentes productions.
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Information autour du lait de vache bio
Cathy BESSIERE, AuteurEn Aveyron, la Chambre dAgriculture, en partenariat avec lAPABA (Association départementale pour la promotion de lagriculture biologique en Aveyron), a démarré un programme d'actions en 2016 autour de la production et du marché du lait de vache bio. Dans ce cadre, des visites dexploitations en conversion ou en bio ont été réalisées, ainsi quune matinée rencontre. Cet article présente un retour sur les cinq visites dexploitations : Ghislain Rigal, éleveur d'une cinquantaine de vaches laitières sur 62 ha, sest converti et a remis en cause son précédant système de production ; au GAEC de Frégéville, Hélène et Philippe Roque élèvent 45 vaches laitières sur 180 ha et se sont convertis pour améliorer la valeur ajoutée ; au GAEC de Sévérac, M. et Mme Vacquier et M. Coste élèvent 90 vaches sur 230 ha et se sont convertis en 2016 en réduisant leur cheptel pour ladapter davantage à leur système ; Norbert Peyssi a commencé la conversion en 2012 et élève de manière autonome 28 vaches sur 33 ha ; à lEARL de Calvy, Dominique Rigal élève une cinquantaine de vaches sur 89 ha et sest converti pour "le challenge technique et la gestion de la complexité".
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Recherche : Des politiques locales plus ciblées pour développer les conversions
Marie BUARD, AuteurMarie Buard a réalisé un mémoire de fin d'étude sur les facteurs d'efficacité des politiques locales d'incitation et d'accompagnement à la conversion des exploitation à l'AB. Elle a notamment fait le lien entre l'efficacité de ces politiques et la typologie des producteurs. Tous, selon son postulat, sont potentiellement enclins à se convertir, mais à condition de leur proposer un accompagnement via des dispositifs qui tiennent compte de leur profil et de leur singularité. Dans cet article, l'auteure présente les principaux résultats de son travail d'enquête, à la base de cet essai de typologie. Une première distinction repose sur, d'une part, les tendances personnelles (prudent ou entreprenant), d'autre part, sur l'insertion territoriale (forte ou faible). A la croisée de ces deux axes se construisent 4 profils différents correspondant à des conditions d'application des politiques locales distinctes. L'article reprend les analyses conduites dans le cadre de ce travail pour montrer comment les politiques publiques peuvent adapter leur stratégie de développement de l'AB.
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Réglementation : Conversion simultanée ou non simultanée ?
LETTRE FILIÈRES FNAB - LAIT, AuteurUn projet de conversion à la bio invite l'éleveur à évaluer ses pratiques dans le cadre d'une approche globale de son système de production. D'un point de vue réglementaire, deux solutions sont possibles : une conversion simultanée (des pâturages et terres utilisées pour l'alimentation des animaux, et des animaux eux-mêmes) ; ou bien une conversion non simultanée. L'article rappelle les implications spécifiques du passage en bio (date de commercialisation en bio, stock fourrager, etc.) selon la solution choisie.
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Salon Les Culturales : « Dépasser les peurs de la conversion »
Jean-Martial POUPEAU, AuteurFrançois Mellon est céréalier bio dans l'Oise. Ses 140 ha, d'abord conventionnels, ont été convertis progressivement à l'agriculture biologique, entre 2000 et 2011. Dans ce témoignage, apporté lors de la conférence « Agronomie et technicité : les clés pour réussir en bio ? », tenue au salon Les Culturales, il parle des craintes qu'il a dû affronter lors de la conversion, et de la façon dont il les a surmontées. Son système fonctionne aujourd'hui autour d'une rotation de sept ans, luzerne en tête, et intégrant une culture innovante : un mélange lentilles-caméline.
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Agriculture Bio - Témoignages
Quatre vidéos courtes d'environ 3 mns chacune datant de 2015 et 2017, et réalisées pour CERFRANCE Vendée, présentent des témoignages d'éleveurs laitiers et d'éleveurs de bovins viande convertis à l'agriculture biologique. Ils présentent les raisons de cette conversion et les changements qu'elle a introduits dans leur activité professionnelle.
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L'appui au développement des agricultures respectueuses de l'environnement par le conseil et la vulgarisation agricoles : Une approche par les enjeux de passage de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture biologique
Avec l'objectif de développer des modes de production agricole plus durables, la notion d'agroécologie se fait de plus en plus présente. Elle regroupe diverses façons de produire, parmi lesquelles l'agriculture biologique, objet de cet article. L'AB a notamment la particularité de s'inscrire dans un cadre réglementaire précis et requiert une phase de conversion bien définie. Dans un premier temps, l'auteur de cet article propose une comparaison des systèmes agricoles conventionnels et biologiques en termes de structure et de résultats technico-économiques (taille des exploitations, niveaux de spécialisation, productivité, produits, charges...). Dans un second temps, c'est le processus de transition vers l'agriculture biologique, intégrant notamment la période de prise de décision et la période de conversion, qui est étudié. Le rôle de l'accompagnement des agriculteurs en cours de transition vers l'agriculture biologique, par le conseil et la vulgarisation, est décrypté, en France et au Québec. En conclusion, il apparaît que la réussite d'une conversion à l'AB dépendra, avec d'autres critères, de l'existence de références, de formations et de connaissances de l'agriculteur dans ce domaine.
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Conditions d'application des politiques locales favorables à l'agriculture biologique
Ce mémoire vise à mieux appréhender l'action des collectivités en faveur du développement de l'AB. Pour accompagner la décision des producteurs de passer en bio, les politiques locales devraient, selon lauteur, sappuyer sur une meilleure connaissance des profils des producteurs, et notamment des déterminants plus subjectifs (relations sociales et milieu socio-culturel, perception du territoire, etc.). Afin de proposer un outil daide à la décision mobilisable par les acteurs de terrain, notamment au sein des collectivités locales, létude propose une typologie qui distingue 4 profils type de producteurs selon deux axes : un axe qui concerne les tendances personnelles (prudent ou entreprenant) et un axe sur linsertion territoriale (forte ou faible). À la croisée de ces deux axes, se construisent quatre profils différents : lOpportuniste (prudent à faible insertion territoriale), le Suiveur (prudent à forte insertion territoriale), le Militant (entreprenant à faible insertion territoriale) et le Manager (entreprenant à forte insertion territoriale). Létude valide lhypothèse quà chacun des profils correspondent des conditions dapplication de politiques locales différentes et des stratégies favorables pour mobiliser les producteurs et les intéresser à lhypothèse dune conversion.
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« La conversion au bio ne s'improvise pas »
Pierre-Louis BERGER, AuteurLe Gaec Bouquet Savoyard est l'un des Talents Tech & Bio 2015. Les trois associés présentent leur exploitation et témoignent du chemin parcouru pour la conversion, engagée en 2009. L'accompagnement de l'Adabio et le parrainage d'un agriculteur bio voisin ont été essentiels à son bon déroulement. Sur l'atelier maraîchage, une trentaine de variétés sont produites, toutes en bio. Sur l'atelier horticole, une partie de la production de fleurs est encore conventionnelle. Les produits sont vendus sur le point de vente de la ferme, sur les marchés ou auprès de fleuristes locaux.
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Conversion bio : et si on se lançait à plusieurs ?
En Nord-Pas-de-Calais, des agriculteurs jouent désormais la carte du collectif pour franchir le cap de la conversion. En mutualisant du matériel ou du foncier, ils se donnent les moyens d'innover, de prendre des risques qu'ils n'osaient pas prendre seuls. Par exemple, en 2010, dans la zone du Cambrésis (59), quatre agriculteurs en grandes cultures ont décidé de convertir chacun une parcelle en bio, pour tester. Ils ont suivi une formation technique, multiplié les rencontres avec d'autres agriculteurs déjà en bio, investi dans du matériel... Fin 2015, deux des exploitations vont passer à 100 % bio. Dans le Pas-de-Calais, une expérience de mutualisation du foncier a vu le jour, dans le cadre d'un projet d'approvisionnement de la cantine scolaire en produits bio et locaux, porté par la mairie. Aujourd'hui, les besoins sont surtout liés à l'accompagnement et à l'animation des groupes d'agriculteurs. Le projet CAP Vert, piloté par la FNCUMA, et auquel participe le GABNOR (groupement des agriculteurs biologiques du réseau FNAB), se donne pour objectif de mieux comprendre les dynamiques collectives qui amènent au changement des pratiques agricoles, pour mieux les accompagner par la suite.
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Une conversion partielle au bio pour sécuriser le conventionnel
Emmanuel DESSEIN, AuteurMikaël Pechery, agriculteur en association, à Brosses, dans l'Yonne, témoigne sur la conversion partielle bio de son exploitation (150 ha en bio sur 620). Avec le recul, il est satisfait : marge en bio identique à celle de la partie conventionnelle avec une prise de risque plus faible (seuls les coûts des semences et du semis sont engagés), régularité des cours, approfondissement agronomique, maîtrise de l'enherbement Il va passer d'autres surfaces en bio. La mixité implique certaines règles décrites dans cet article.